Keyvan Chemirani : Tales of Nar
Au départ était Djamchid Chemirani, l’un des maîtres du zarb (ce joli petit tambour persan). Deux fils : Bijan (zarb, percussions diverses, lauto et saz) et Keyvan (zarb, batterie et santur) auxquels il transmet son savoir, mais aussi le goût pour les créations transculturelles. Concentrons-nous sur Keyvan à qui est attribué la paternité de cet album-ci. Dès ses premiers pas en solo (« le rythme de la parole », 2004) il préconise un langage commun entre diverses cultures (l’Inde, le Maroc, la Mauritanie…) et le jazz. Il est alors question d’intégrer dans ces croisements les musiques modales et la poésie persane, afin d’en élargir le cercle. C’est lors d’une interaction intra-genres que le percussionniste croisera le chemin de Louis Sclavis qui pourrait en quelque sorte être le fil rouge de notre histoire. En effet, dans sa riche carrière, le clarinettiste / saxophoniste français a fait lui aussi appel au pianiste strasbourgeois Benjamin Moussay, présent ici au sein du Modal Experience Ensemble, au même titre (outre le frangin Bijan) que la violoniste japonaise Yvlin. Décidément, ces frontières musicales-là sont poreuses… et c’est très bien ainsi ! Qu’ajouter que vous n’auriez pas encore deviné ? Un brin de mélancolie (« Todi »), un brin de modernité (« La porte mystérieuse » avec un apport de la paire Phil Reptil / Vincent Mahey) et un peu d’optimisme en clôture (« Jasmine Lullaby »). Puis surtout, une terrible envie de rassembler toutes les forces encore vives.
