Le dossier Intervalles du mois – avril : Démystifier le jazz… 5) (encore) Quelques musiciens de jazz que les amateurs de rock doivent découvrir
En partenariat avec radio Équinoxe FM (105.0 à Liège et en streaming), JazzMania vous proposera tous les mois un dossier musical spécifique. Chaque mois, un thème, toujours choisi sous le signe de la (re)découverte, en mots et en sons.
Comment démystifier le jazz ? Comment faire en sorte que certains d’entre vous abordent ce genre musical sans ressentir cette fâcheuse impression d’en être exclu ? C’est la mission que l’on se donne dans un feuilleton de cinq épisodes. Jazz et rock, puis inversement. C’est pas chou vert et vert chou, mais il y a des accointances, forcément. Pour ce cinquième et dernier épisode, on propose aux amateurs de rock (et d’autres styles aussi…) d’écouter un peu de jazz.
1) Matthew Halsall : The Sun in September (« Fletcher Moss Park ») – Gondwana
Nous poursuivons et nous achevons l’écoute de notre feuilleton ayant pour objectif de démystifier le jazz. Quatre épisodes ont déjà été publiés, épisodes que vous retrouverez en mots et en sons sur notre site à l’adresse JazzMania.be. A l’affiche cette fois, neuf (autres) groupes de jazz susceptibles d’intéresser les amateurs de rock et bien entendu d’autres styles musicaux.
Nous démarrons avec un musicien essentiel dans le renouveau du jazz. Le Mancunien Matthew Halsall est non seulement un trompettiste qui a enregistré une dizaine d’albums en tant que leader, mais il est aussi le patron / producteur du label britannique Gondwana au catalogue duquel on retrouve d’autres musiciens qui ont fait bouger les lignes, comme GoGo Penguin ou le Portico Quartet, sans oublier Hania Rani.
2) GoGo Penguin : Murmuration (« V2.0 ») – Gondwana
Le label Gondwana toujours, Manchester encore, nous écoutions le trio GoGo Penguin emmené par l’incroyable contrebassiste Nick Blacka. Le trio a bien failli disparaître lorsque leur batteur historique, Rob Turner, a quitté le groupe il y a cinq ans. Au lieu de cela, ils ont débauché le batteur de Sons of Kemet, Jon Scott.
3) Portico Quartet : Endless (« Art in the Age of Automation ») – Gondwana
On achève notre tour d’horizon Gondwana avec les Londoniens du Portico Quartet. Le groupe est d’abord repéré par le label Real World de Peter Gabriel avec qui ils signent pour trois albums en 2007. La raison essentielle de cette signature : la marque de fabrique à l’époque du quartet, soit le son du hang drum, une sorte de coupole métallique créée par un couple de musiciens suisses en 2000. Depuis, c’est chez Gondwana que le Portico Quartet (ou pas, selon la présence ou non du hang) publie ses albums.
4) Nils Petter Molvaer : On Stream (« Khmer ») – ECM
On entre à présent de plain-pied dans un courant du jazz qui a émergé à la fin des années 90 : le nu jazz ou new urban jazz. Aux formes du jazz traditionnel, des musiciens ont en effet ajouté des éléments électroniques, du hip-hop parfois. Le plus célèbre d’entre eux, celui qui a vendu plusieurs millions d’album, c’est St. Germain. Parmi les parrains du nu jazz figure également le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer, dont l’album « Khmer » paru chez ECM en 1997 est une référence absolue.
5) Bugge Wesseltoft : Hope (« Film Ing ») – Jazzland
Si « Khmer » a été enregistré pour le compte du label ECM, c’est bien un autre label, norvégien celui-là qui est le spécialiste du nu jazz : Jazzland. On y retrouve des musiciens défricheurs comme le guitariste Eivind Aarset, la chanteuse Sidsel Endresen ou encore un autre personnage très important pour l’évolution du jazz, le claviériste Bugge Wesseltoft, ici en collaboration avec le chanteur tunisien Dhafer Youssef.
6) The Cinematic Orchestra : Evolution (« Every Day ») – Ninja Tune
On démystifie le jazz avec des musiciens de jazz susceptibles d’intéresser les amateurs d’autres musiques et surtout ceux qui pensent (parfois à juste raison) que le jazz est une musique codée et (à tort) qu’elle ne les concerne pas.
Jason Swinscoe ne se pose pas cette question. Il a ouvert un club à Londres à la fin des années 90, le Loop. Les DJ ou les musiciens invités ont une mission : créer en live une musique sur les images d’un film projeté sur une toile. D’où le nom qu’il donnera à son propre groupe : The Cinematic Orchestra. Les choses étant bien faites, c’est son employeur dans la vie active qui offre un contrat discographique au Cinematic Orchestra : le label indépendant et alternatif Ninja Tune.
7) Naïssam Jalal : Rituel du soleil (« Healing Rituals ») – Les couleurs du son
Changement radical de décor. On poursuit avec la flûtiste et chanteuse franco-syrienne Naïssam Jalal. Elle est l’auteur d’un nouvel album qu’elle a conçu lors d’un voyage effectué en Inde dernièrement. Naïssam Jalal se livre à 100% dans sa musique, une question de survie dit-elle, ce qui a donné vie à un album de jazz fabuleux paru il y a trois ans : « Healing Rituels ». Parmi ces rituels, il y a celui du soleil.
8) Marc Ribot & Ceramic Dog : Muslin Jewish Resistance (« YRU Still ») – Yellow Bird
Le jazz, on le sait, c’est aussi une musique de revendication. Le guitariste new-yorkais Marc Ribot le sait. Très éclectique, il forme ou il rejoint des groupes en fonction de son humeur. Humeur exécrable, semble-t-il, lorsqu’il forme Ceramic Dog, un trio de power jazz ou de rock avant-gardiste (c’est comme vous préférez). Il s’en prend clairement aux politiques nombrilistes… Vous allez l’entendre ici, ce sont les oreilles de Trump qui ont dû chauffer un bon coup.
9) Binker and Moses : Accelerometer Overdose (« Feeding the Machine ») – Gearbox
Clôturons définitivement ce dossier épais : « démystifier le jazz » (pour rappel cinq épisodes en tout accessibles sur notre site JazzMania.be).
C’est avec un duo que nous nous l’achèverons : Binker and Moses, soit Binker Golding aux saxophones et Moses Boyd aux fûts. C’est londonien, hypnotisant et très puissant.
Le mois prochain, cap sur le festival Uhoda Jazz à Liège !
Intervalles sur Équinoxe FM
Chaque mardi à 18 heures (rediffusion le jeudi à 22 heures).
