Le dossier Intervalles du mois – Janvier : L’année 2025 en mode rétrospective des Intervalles

Le dossier Intervalles du mois – Janvier : L’année 2025 en mode rétrospective des Intervalles

En partenariat avec radio Équinoxe FM (105.0 à Liège et en streaming), JazzMania vous proposera tous les mois un dossier musical spécifique. Chaque mois, un thème, toujours choisi sous le signe de la (re)découverte, en mots et en sons.

Le mois de janvier : l’heure des vœux (je vous souhaite à tous tout le meilleur pour 2026 !) et des rétrospectives. Rétrospective, oui, mais en mode « Intervalles ». On ne vous parlera ni de Trump, ni de Ronaldo, ni d’Angèle… Même s’ils ont fait (ou pas) l’actualité. Nos albums préférés de 2025 ? Des découvertes pour beaucoup d’entre vous. Puis il y a ceux qui sont partis… Non, on ne vous parlera pas de B.B. non plus !

1) Naima Joris : From the Morning (« Enjoy the Silence ») – PIAS

Naima Joris a publié un magnifique album cette année : « Enjoy the Silence », qui comprend huit reprises dont ce « From the Morning » que l’on vient d’entendre et que l’on doit à la plume de Nick Drake.

2) Chris Rea : Shine Shine Shine (« Wired to the Moon ») – Magnet Records

2025, c’est aussi quelques disparitions de personnalités qui elles aussi ont apporté leur pierre à l’édifice musical avant de tirer leur révérence…

« Shine Shine Shine », un extrait de « Wired to the Moon ». Avec sa voix rocailleuse et ses arrangements musicaux ciselés, Chris Rea a charmé une bonne partie de la planète rock. On le savait en mauvaise santé depuis pas mal de temps déjà, Chris Rea nous a quittés quelques jours à peine avant Noël… « Going home for Christmas »…

3) Marianne Faithfull : Working Class Hero (« Broken English ») – Island

Une voix rocailleuse à nouveau. Mais celle-ci est due aux excès en drogues et en alcool. A l’époque où on lui propose d’enregistrer l’album « Broken English » (1979, l’un des plus fabuleux albums de rock féminin), Marianne Faithfull passe ses journées avec des amis SDF, assise sur un mur, à attendre son dealer. Sa vie mouvementée (mais également très riche musicalement) s’est arrêtée au début de l’année 2025. On écoute un extrait de l’album « Broken English », une relecture tendue du « Working Class Hero » de Lennon.

4) Cecilie Strange : Walking on Grand Street (« Beech ») – April Records

Cette année encore, nous avons vibré – que dis-je, nous avons frissonné ! – en écoutant le jazz venu du Nord. Par exemple, celui de la saxophoniste danoise Cecilie Strange dont l’album « Beech » évoque le hêtre, un arbre dont les Danois mangent les première feuilles qui annoncent le retour du printemps et des jours plus lumineux. Cecilie Strange : « Walking on Grand Street ».

5) Trond Kallevag : Pine Ridge (« Minnesota ») – Hubro

Qui dit « jazz du Nord » dit forcément « Norvège ». Un pays qui, inlassablement, nous apporte chaque année son lot de musiques folk & jazz aériennes. Parmi les petits bonheurs de l’année, citons le guitariste Trond Kallevag. « Minnesota », c’est le titre de son album paru chez Hubro (un label norvégien qui orne chaque pochette d’un petit hibou). « Minnesota », en hommage à cet état du grand Nord américain qui a accueilli bon nombre de Norvégiens lors des vagues migratoires du 19ième siècle.

M. Riesman © Jean Schoubs

6) Philip Glass : Koyaanisqatsi (« Koyaanisqatsi ») – Island

Parmi les personnages qui nous ont permis de passer le cap 2025 un peu plus sereinement, il y aura eu le compositeur minimaliste américain Philip Glass. Ou plus exactement son ensemble, le Philip Glass Ensemble original dirigé par Michael Riesman. Au Forum de Liège, dans le cadre de l’Uhoda Jazz Festival, nous avons eu droit à une prestation époustouflante de l’ensemble qui jouait en direct l’intégralité du film de Godfrey Reggio, « Koyaanikatsi », projeté simultanément sur la toile. Certainement MON concert de l’année.

7) Matthieu & Camille Saglio : Derviche – part 1 (« Al Alba ») – ACT Music

Concert exceptionnel également pour les frères Saglio à Eupen au mois de septembre, à l’Alter Slachthof. Mathieu Saglio au violoncelle, Camille pour les voix. Au menu, « Al Alba » (l’aube en espagnol), un des albums de l’année, paru sur le label allemand ACT Music.

8) Sly Stone : My World (« High on You ») – Epic

Parmi les musiciens portés disparus en 2025, nous comptons Sylvester Stewart, alias Sly Stone, éteint le 9 juin à Los Angeles et qui aura tenu assez miraculeusement quatre-vingt-deux ans, en dépit de tout ce qu’il a pu prendre comme drogues. Souvenez-vous, juste avant son décès, les Intervalles avaient consacré deux émissions spéciales à l’énergumène… Elles sont toujours disponibles via ces liens : Sly Stone 1 et Sly Stone 2. « High on You », 1975.

9) Pink Floyd : Careful with that Axe, Eugene (« Live at Pompeii ») – EMI

A peu près à la même époque, Pink Floyd (re)diffuse sur les écrans le film « Live at Pompeii ». En vérité, la bande sonore du film (qui les voit jouer en live mais sans public dans les ruines de Pompei) a été enregistrée pour l’essentiel et pour des raisons techniques en studio, à Paris. « Live at Pompeii » est enfin disponible sur disque (LP vinyle et CD). Ce n’est pas à proprement parler une nouveauté, mais c’est un document incontestablement important. Pink Floyd, la version sous la lave de « Careful with that Axe, Eugene ».

10) Nicolas Mortelmans : Are You Really Here ? (« Space ») – Rotkat

« Space », un album attribué au joueur de sitar flamand Nicolas Mortelmans est sorti tardivement en 2025. Ce qui ne l’empêchera pas de figurer parmi les albums essentiels de l’année. Aux côtés de Mortelmans, on retrouve ici quelques pointures de la riche scène indépendante anversoise : Stef Kamil Carlens, l’inusable Roland Van Campenhout ou encore le batteur Simon Segers (De Beren Gieren). Un tout beau line-up !

11) Trio of Bloom : Queen King (« Trio of Bloom ») – Pyroclastic

Nous clôturerons cette rétrospective avec un trio formé à l’initiative du producteur David Breskin. Il a mis en présence trois pointures du jazz indépendant américain qui se rencontraient alors pour la première fois. Craig Taborn aux claviers, Nels Cline à la guitare et Marcus Gilmore aux drums. Tout cela nous donne « Trio of Bloom », encore un album millésimé 2025 que l’on peut s’acheter avec les étrennes reçues.

Intervalles sur Equinoxe FM
Chaque mardi à 22 heures (rediffusion le jeudi à 22 heures)

Yves Tassin