Let Spin : I am Alien
Il paraît, à en lire les notes biographiques qui accompagnent leur cinquième album, que ce que l’on entend sur « I am Alien », cet enchaînement de titres largement improvisés, restitue assez fidèlement ce que le groupe peut offrir sur une scène. « I am Alien » doit d’ailleurs s’écouter d’une seule traite. C’est dans son immersion totale que l’auditeur perçoit la tension que ce quartet londonien est capable de dégager.
Pour être honnête, j’en ignorais l’existence… mais pas les musiciens, croisés ci et là au gré de leur carrière, dans des groupes dont nous vous avons dit le plus grand bien. L’inventaire du line-up vous donnera à ce sujet une idée plus précise de ce qui vous attendra lorsque vous vous écouterez ce groupe de post-jazz avant-gardiste.
A la guitare, nous trouvons Moss Freed, un musicien dont le nom apparaît au générique de plusieurs albums édités chez Tzadik, le label de John Zorn. Pas un hasard dès lors si l’incendiaire « The Ends » me fait furieusement penser au prolixe saxophoniste new-yorkais. Le batteur, Finlay Panter, fréquente assidument la scène jazz berlinoise. Au saxophone (et aux effets sonores qu’il en tire), nous avons Chris Williams, membre du groupe Led Bib (Cuneiform, Rare Noise) et dans les fréquentations du batteur Sarathy Korwar. Enfin, c’est Ruth Goller (Melt Yourself Down, mais aussi auteure d’un album personnel édité chez International Anthem) qui tient la basse… et qui chante à ses heures perdues. Tout ce qui précède, ce brassage de références, doit sans aucun doute vous mettre la puce à l’oreille. Vous n’aimez pas quand la musique est libertaire, puissante, aventureuse, intense ? Fuyez ! Ce disque n’est pas pour vous. Quant à moi, j’y retourne ! Et d’une seule traite encore bien