Lingyuan Yang : Cursed Month

Lingyuan Yang : Cursed Month

Chaospace Records

Pour tout dire, nous n’avions jamais entendu parler de Lingyuan Yang avant de recevoir son cd qui constitue son premier album. Une carte de visite travaillée et autoproduite pour ce jeune guitariste, 25 ans à peine, établi à New York, porteur d’un bagage académique musical solide qui se poursuit actuellement à La Haye. On sait peu sur lui mais on le devine curieux et aventureux. « Cursed Month » fait référence à l’astrologie chinoise pour laquelle, à chacun des douze signes animaliers, est censé correspondre un mois peu propice pour naître. Pour autant, il n’est guère question d’astrologie ici mais de compositions instrumentales dont les titres empruntent, poétiquement, aux phénomènes naturels fondamentaux : le feu, la lune, le brouillard, la neige, le sang… C’est un trio qui est à l’œuvre. Aux côtés de Lingyuan se tiennent le pianiste Shinya Lin et le batteur Asher Herzog. Le premier est, tout comme Yang, investi dans la promotion des artistes asiatiques. Également compositeur, il a collaboré avec William Parker, Sam Newsome, Ingrid Laubrock parmi les plus familiers. Le second a épaulé e.a. Tim Berne, Ellery Eskelin, Drew Gress, Billy Martins… Il en résulte une musique fortement cadencée hormis pour quelques rares moments de répit qui ne s’étirent jamais dans la durée. Saillante dans ses angles, précise dans ses raccords, réticente aux solos, elle prend place dans des compositions qui avoisinent en général les six minutes. Une sorte de math-jazz fortement teinté d’abstraction où Yang déploie également quelques appareillages électroniques pour en renforcer la densité. Bon début.

Eric Therer