Mammal Hands : Circadia
Apparu dans notre champ de vision il y a (déjà) une petite quinzaine d’années, le trio Mammal Hands (Norwich) fait indéniablement partie des groupes essentiels qui ont façonné le nouveau jazz anglais. En quelque sorte, ils en sont les parrains. Au même titre qu’un Shabaka Hutchings, que la plupart des musiciens signés à la naissance du label Gondwana (qu’ils viennent de quitter au profit du prestigieux label allemand ACT Music), qu’un Cinematic Orchestra ou encore que le GoGo Penguin… dont ils viennent de déloger le légendaire batteur Rob Turner. Mis sur orbite par les frères Smart (Jordan au saxophone, Nick au piano), le trio a traversé les temps avec une musique calibrée qui fonçait tout droit à l’essentiel, privilégiant une mélodie et un son efficaces à une technique complexe. Ce qui, on le sait, ne plaît pas nécessairement aux amateurs de jazz pointus, loin s’en faut. Ces minimalistes du jazz semblent se complaire dans une sorte d’ambient dépourvu de basses, dont les effets sont remplacés par un peu d’electro. Et ça fonctionne ! Plutôt bien même… « Cicardia », le sixième album du groupe (en effet, ils produisent peu), mise à nouveau sur l’envoûtement de l’auditeur au départ d’une mélodie jouée au piano sur trois accords (voire trois notes répétées…), avec l’ajout du saxophone, d’un groove précis et d’une sacrée montée d’adrénaline. Résultat garanti ! Cet album-ci, malgré les bouleversements vus plus haut, n’échappe pas à la loi des « paluches du mammifère ». Il plaira (beaucoup) ou se fera massacrer sans pitié. En ce qui me concerne, je choisis bien évidemment la première option…
