Nicolas Van Belle : Einde Were
A l’automne dernier, nous avions été sous le charme de « Dinsterwenk », précieux album confectionné par Nicolas Van Belle et Matthias Dewilde sous l’alias Baljuw. Nicolas Van Belle nous revient avec un premier album, en format vinyle, signé sous son nom propre et confectionné artisanalement par ses soins, en tirage limité de cent exemplaires. « Einde Were » a pour thème la crise existentielle qui peut survenir après une rupture, un adieu ou une perte, quand on sent que le monde se dérobe sous nos pieds. Le guitariste bruxellois y dépose dix pièces qui ont été enregistrées au Zinnema à Bruxelles. C’est la guitare, acoustique, qui prédomine sans pour autant dominer. Parfois, elle engendre des suites d’accords répétés, légers, récursifs. Parfois, elle prend des libertés, il s’en dégage des notes sombres, raturées, saturées. Parfois, elle nous donne de l’air mais ne s’en donne jamais. Parfois encore, c’est une guitare classique, un bouzouki désaccordé ou un tzouras qui prend la relève, histoire des rester dans les cordes. Tous les titres sont en néerlandais. Et c’est très bien ainsi. A l’écoute de « Allenig Waren We », on est séduit par l’utilisation qu’il en fait sous la forme d’un spoken word d’une vibrante intensité. Une mélancolie traverse ce disque. Mais elle ne le leste pas, ne le fait jamais plonger. Son écoute nous procure un sentiment de quiétude, c’est comme si on en ressortait rasséréné, oubliant que le monde court à sa perte.
