Orchestra Of The Upper Atmosphere: Theta Seven

Orchestra Of The Upper Atmosphere: Theta Seven

Discus

Le « O » du titre étant barré en son milieu, le nom de l’album se prononce Theta. Et Theta 7 (après les précédents nommés de 1 à 6) est, hélas, le dernier album que ce groupe de Sheffield va publier. Après une quinzaine d’années d’existence, son leader, Martin Archer, a décidé d’arrêter cette formation imposante de huit musiciens, sans autre forme d’explications. Mais il nous laisse sur un magnifique album. 73 minutes presque toutes passionnantes, parfois splendides. Aux côtés de Martin Archer (cuivres, claviers) nous retrouvons les trois membres de Frostlake au piano et à la guitare basse. La chanteuse Jan Todd prenant à sa charge un nombre impressionnant d’instruments (harpe, flûte, guzheng…) et de machines (metal noisebox, waterphones…). Deux batteurs, un contrebassiste et une violoniste complètent l’étonnante formation. Comme sur les albums précédents, le groupe développe une musique qui fait référence au krautrock, au psychédélisme, au progressif, au free jazz et à l’improvisation. Bien que cette dernière soit peu évidente à l’écoute des onze plages qui me paraissent vraiment bien structurées. A l’exception d’ « Oumuamua » qui est constitué de bruitages et d’effets vocaux étranges, un peu dans la lignée de Laurie Anderson. Sur les autres plages, nous allons écouter de superbes instrumentations qui nous immergent dans de la psyché prog « Billy Bang / One Golden Hour », dans du early Pink Floyd, voire l’époque d’Ummagumma, avec le long « Unbound ». « Moonride » réussi la gageure de mixer du jazz avec des sonorités reggae dub chères au label On U Sound ! Du reggae dub il en sera encore question sur l’efficace « Under the Azure » sur lequel ce style musical se pose en rythmique de fond et est survolé d’effets électroniques. Faisant évoluer ce titre dans une fusion de genres singulière et dévoilant ainsi un style assez unique. Le côté space rock, musique planante est bien présent sur « Cold Mariana / Lunar Eye ». Le groupe ne se satisfait cependant pas des claviers, des supports électroniques. Il y rajoute des passages improvisés ainsi que des bruitage,s mais tout se fond en une belle unité. Le groupe s’est aussi fait plaisir, mais il est grandement partagé par votre serviteur, en reprenant « That’s How I Feel » de Sun Ra. Une cover assez enjouée, jubilatoire. Neuf minutes de pur bonheur. Ultime petit détail, les onze compositions s’enchaînent. Pour un dernier voyage en leur compagnie, les membres de cet « orchestre » ont placé la barre très haut. Un exceptionnel adieu.

Claudy Jalet