Pascal Niggenkemper Ensemble Tuvalu : d’une rive à l’autre

Pascal Niggenkemper Ensemble Tuvalu : d’une rive à l’autre

Subran

Quiconque s’intéresse un tant soit peu aux défis climatiques à venir sait que les jours de l’archipel de Tuvalu sont comptés face à l’inexorable montée de l’océan. Au point que certains prédisent sa disparition pure et simple. Son gouvernement l’a déjà anticipée en créant une entité digitale de cette micro nation dans le métavers. Profondément interpellé par ce tragique constat, Pascal Niggenkemper en a conçu un projet très particulier. Son propos interroge la façon dont notre monde répondra à ces bouleversements et comment il traitera les pertes, la transformation des habitats qui en résulteront. Plus généralement, il (re)considère la relation entre l’humain et la nature. L’Ensemble Tuvalu réunit quatre duos, ou paires d’instruments : Artemis Vavatsika et Tizia Zimmermann à l’accordéon ; Mona Matbou Riahi et Joachim Badenhorst à la clarinette ; Ben LaMar Gay et Louis Laurain aux cuivres (cornet et trompette) ; Elisabeth Coudoux et Pascal Niggenkemper aux cordes (violoncelle et contrebasse). Et, en extra, Jaumes Privat, qui apporte sa voix, comme tous les autres d’ailleurs qui chantent ou narrent des chansons traditionnelles en tuvaluan ou dans d’autres langues (anglais, français, farsi, afrikaans, occitan…) Neuf membres, comme les neuf îles qui composent l’archipel. Niggenkemper se défend d’en être le leader, préférant incarner le rôle de celui qui impulse l’ensemble. Le CD est accompagné d’un DVD qui reprend un concert enregistré à Karlsruhe. On y découvre la façon dont le groupe joue, volontairement, au même niveau que le public qui l’entoure, comme pour mieux l’immerger dans son acte créatif. Des sons, des voix jaillissent de toutes parts, conquérant l’espace au fur et à mesure que les compositions progressent. Une excursion sonore qui tient à la fois du concert, de la performance et d’une installation de fortune.

Eric Therer