Pierre-Antoine Savoyat, petit-fils d’Hortense, cinquante ans plus tard…

Pierre-Antoine Savoyat, petit-fils d’Hortense, cinquante ans plus tard…

Pierre-Antoine Savoyat © Didier Wagner

Cela ne vous aura pas échappé, Les Lundis d’Hortense célèbreront « 50 ans de jazz belge » avec « 5 jours de partage, de retrouvailles et d’explorations » qui s’écouleront du 30 septembre au 4 octobre. On fait le tour du proprio avec des regards croisés. Celui de la nouvelle génération d’abord…

Le trompettiste-bugliste Pierre-Antoine Savoyat est bien connu en Belgique pour ses collaborations avec Aka Moon (« Quality of Joy »), avec Stéphane Galland (« Rhythm Hunters ») ou le « Macondo Trio », sans compter son superbe projet personnel « Le Monde Merveilleux de Pépito ». Il fait partie de ces jeunes talents pour qui s’investir dans Les Lundis D’Hortense est apparu comme un évidence.

Pierre-Antoine, explique-nous comment un musicien français atterrit à Bruxelles.
Pierre-Antoine Savoyat : Le Conservatoire de Jazz de Bruxelles est bien connu en France et je m’y suis inscrit parce que des professeurs m’intéressaient. Je connaissais aussi Thomas Mayade, Jean-Paul Estiévenart, Diederik Wissels, Stéphane Galland, John Ruocco… De plus, la richesse de la scène belge est reconnue pour sa créativité et sa philosophie d’ouverture. A la fin du covid, l’avenir me semblait incertain, et j’avais développé un réseau en Belgique, ça n’avait pas beaucoup de sens de retourner en France ; j’ai donc décidé de rester en Belgique.

Te rappelles-tu comment tu as eu connaissance des Lundis d’Hortense ?
P-A. S. : Je pense me souvenir que mon premier contact avec les LDH a eu lieu suite à une jam. Au début, la distinction entre Jazz Station et Lundis d’Hortense était un peu floue : dans mon esprit, iI y avait les concerts du dimanche organisés par les LDH, j’y ai rencontré Tom Bourgeois, Joachim Caffonnette…

Par rapport à ce que tu as connu en France, comment définirais-tu une structure comme les LDH ?
P-A. S. : Par rapport à ce qu’on connait en France, les LDH ressemblent plutôt à une fédération régionale comme j’en ai connu en Bourgogne Franche-Comté : on y organisait des tournées, il y avait aussi une défense de la place du jazz, et aussi la création d’un réseau.

« Au début, les Lundis d’Hortense ont constitué une ressource pour moi, la découverte d’artistes que je n’aurais peut-être pas rencontrés seul. »

Pierre-Antoine Savoyat © Didier Wagner

Les Lundis d’Hortense ont été importants pour ton intégration ?
P-A. S. : Au début, les LDH ont constitué une ressource pour moi, la découverte d’artistes que je n’aurais peut-être pas rencontrés seul. Ce que j’ai apprécié c’est qu’on n’est pas dans l’effet de mode.

Ce qui t’a décidé à t’engager dans la structure.
P-A. S. : Je suis impliqué dans les LDH depuis un an. Il y a bien sûr l’événement des cinquante ans de la structure pour lequel je m’investis. On a réparti les tâches : par exemple, je suis beaucoup occupé par l’organisation du concert à Flagey, à la fois comme musicien et arrangeur. Nous sommes aussi impliqués dans les questions sociétales, les cellules d’inclusivité, la représentation des diversités, notamment de genre dans la scène belge. Ce travail me permet aussi d’établir un état des lieux sur le réseau musical, de voir les problèmes, l’actu sur les problèmes politiques est particulièrement au centre de nos préoccupations.

« Le défit est de renouveler notre public, de trouver une audience plus jeune. »

Pierre-Antoine Savoyat © Didier Wagner

Quel serait pour toi le prochain pari pour les Lundis d’Hortense ?
P-A. S. Le défi est aussi de renouveler notre public, de trouver une audience plus jeune. Ce sont des choses dont on discute beaucoup entre partenaires. Le constat est souvent qu’on n’est pas aidé par la politique culturelle, par l’éducation, ni par les médias. Tous ces challenges m’ont incité à m’impliquer dans les Lundis D’Hortense pour défendre une scène importante qui contribue à la vie musicale du pays.

Les Lundis d’Hortense célèbrent leurs 50 ans de jazz belge : leslundisdhortense.be

Propos recueillis par Jean-Pierre Goffin