Psoas : Satori
Deuxième album pour ce trio italien, trois ans après leur prometteur « Here We Stand ». Avec ce nouvel opus, le groupe va plus loin encore : les compositions s’allongent, les contrastes (parfois dans un même morceau) se développent, l’interaction entre les musiciens se peaufine. Les musiciens, parlons-en : le saxophoniste ténor Alessio Dal Checco a un son clair qui peut devenir plus abrupt dans leurs moments plus rock ou plus free, avec des improvisations mordantes ; le guitariste Giulio Cuppari se contente parfois d’un rôle rythmique, mais son jeu se révèle très souvent subtil, ses notes se faufilant habilement entre le sax et la batterie ; le batteur Giosuè Consiglio déploie des tempos parfois peu conventionnels (cf. « Orme »), mais toujours très originaux. Je parlais de contrastes dans les morceaux : la plupart des compositions débutent très calmement, permettant à la guitare ou au saxophone d’imprimer des arabesques délicates ; au fur et à mesure de la progression des titres, un climat de tension se met en place, avec le saxophone qui se déchaîne, prenant une tournure aux confins peu définis (un peu de rock, un peu de free, on peut penser, par moments, à un King Crimson dans ses épisodes les plus denses), mais tout à fait remarquables. Des compositions comme « Verde », « Delicato », « Chen » ou « Dinosauro », toutes faisant plus de sept minutes, en sont un excellent exemple. « Piccola Preghiera » ou « Satori » sont plus intimistes et plus courts, permettant une variété à ce disque et soulignant le niveau de maturité dans l’écriture des compositions atteint par ces jeunes musiciens.
