Red Kite : This Too Shall Pass
Le milan royal (red kite en anglais) est un oiseau de proie. Un rapace actif en Europe occidentale dont s’est inspiré cet étrange quartet norvégien afin de fixer le patronyme sous lequel il se produit. Et c’est plutôt bien vu ! La formation évolue donc à quatre sous un line-up qui n’a pratiquement pas changé depuis ses débuts qui remontent à dix ans. On note néanmoins que le claviériste historique, Bernt André Moen a été contraint de quitter le groupe pour des raisons de santé. Officiellement, il est remplacé dans le quartet par un saxophoniste – Gisle Johansen – dont le rôle devait à la base se limiter à quelques apparitions sur cet album. Un cinquième musicien – Stale Storløkken – renforce le groupe aux claviers sur quelques titres. Comme le batteur de Red Kite, Torstein Lofthus, il fait partie du très recommandé trio Elephant9. C’est le guitariste Even Helte Hermansen (par ailleurs leader du groupe de power-jazz Bushman’s Revenge) qui se charge de l’ensemble des compositions. Ajoutons le bassiste Trond Frønes pour une présentation complète, qui en dit déjà long sur la musique qui nous est proposée ici.
« This Too Shall Pass » n’est que le troisième album de Red Kite. Il succède à deux autres opus édités en 2019 et en 2021 sur le label bien connu des amateurs de jazz-rock et de jazz progressif, Rare Noise qui, malheureusement, a dû réduire considérablement ses activités. Jazz-(hard)-rock, jazz progressif et psychédélique (« Bernt », un peu à la manière d’un King Crimson), riffs lourds (« No Safe Harbour »), chaos à la limite du supportable, belles envolées de saxophone (« Texas of Sweden »), moments de plénitude (« All’s Well That Ends » en clôture) … sans surprise, c’est de tout cela dont il est question ici : un jazz autrement, édité par le label norvégien qui porte si bien son nom… Is It Jazz ?
Notez enfin, sans que cela prête à conséquence, que l’album est notamment dédié à deux figures historiques du hard-rock qui nous ont quittés il y a peu : Ozzy Osbourne (Black Sabbath) et Ace Frehley (Kiss). J’ai bien précisé « sans que cela prête à conséquence » !
