Sam Wilson : Sowing Spring
Après « Wintertides » paru en 2024 et déjà chroniqué dans ces pages, la guitariste et compositrice canadienne Sam Wilson publie un second album saisonnier inspiré par la nature et ses beautés. Cette fois, la musique est dédiée à la fonte des glaces de la rivière Magaguadavic au Nouveau-Brunswick, un phénomène qu’elle a observé au printemps aux côtés de l’artiste photographe Megan Boyle, également responsable du visuel de l’album. La fréquentation assidue de la nature aiguise la perception de l’infime et de l’épure, deux qualités que traduisent ici des mélodies simples et contemplatives. L’auditeur est ainsi convié à entrer dans une expérience sensorielle qui l’invite à regarder autrement et à repenser son rapport au monde. Sam Wilson a su s’entourer d’un quintet talentueux, capable de façonner des textures organiques qui restituent avec beaucoup de nuances sa vision artistique. Croisant jazz et folk, cette musique pastorale est dominée par le jeu en « fingerpicking » de Sam Wilson mais aussi, sur la moitié des titres (« The Dry », « Rosedale », « Coneflower » et « Spring Laments »), par le violon, si calme et si libre, de Hayley Ryerson. Les arrangements sont variés, certains morceaux faisant la part belle au saxophone alto (« Toad ») ou à la clarinette basse (« Waxing Crescent ») de Nicola Miller. Quant à « Flowerbones », il met en relief le jeu de guitare acoustique de la leader, toujours empreint d’un profond lyrisme et délicatement tendu vers l’évocation de la rivière en pleine métamorphose.