Selah Sue & the Gallands : Movin’

Selah Sue & the Gallands : Movin’

Because Music / Virgin

Scotchés ! Nous avons fondu, corps et âme, lorsque nous sont arrivées aux oreilles pour la première fois la musique, la voix et l’énergie d’une toute jeune Louvaniste, Selah Sue (un patronyme emprunté à une chanson de Lauryn Hill). C’était en mars 2011. A cette époque, Selah a vingt-et-un ans à peine, elle dispose d’un talent monstrueux (qu’elle a conservé…) qui lui ouvrira les portes vers un succès européen énorme (300.000 copies de son premier album se sont écoulées en Belgique bien sûr, mais aussi aux Pays-Bas, en France…). Prince lui-même craque, même si leur collaboration annoncée ne s’est jamais concrétisée. Malheureusement, la suite sera décevante pour beaucoup de suiveurs. « Reason », puis « Persona » sont des albums surproduits. A la fraîcheur des débuts succède un formatage frustrant. A notre étonnement, sans doute grâce aux influences des agences de booking, Selah squatte à cette époque les festivals de jazz, obtenant même un sold-out à celui de Liège (encore « Mithra » à ce moment-là) en 2018. Premier chapitre clos.

Si on ne présente plus Stéphane Galland (très actif en ce moment avec divers projets), certains ignorent encore que son fils, Elvin, est un claviériste / producteur réputé (il collabore avec Damso, Manu Katché, Alice on the Roof…). Ensemble, ils ont formé The Gallands, un duo electro-jazz (batterie / claviers) comme notre pays en produit de façon industrielle depuis quelques années. Celui-ci ne sort pas vraiment du lot… Il lui manque sans doute un « petit quelque chose ».

L’idée tient soit du génie, soit d’un pari : associer le talent des uns au talent de l’autre. Procurer aux uns l’énergie et la voix qui leur manquent, débarrasser l’autre d’un fardeau un peu trop lourd à porter depuis trop longtemps. Résultat ? « Movin’ », un recueil de dix chansons (+ une intro) puissantes et éclairantes. Pari réussi !

Selah Sue & the Gallands en concert : Uhoda Jazz à Liège (le 9 mai), Tournai Jazz (le 28 juin) et Gent Jazz Festival (le 13 juillet)

Yves Tassin