The Experimental Tropic Blues Band : Loverdose

The Experimental Tropic Blues Band : Loverdose

JauneOrange Records

Presque 8 ans qu’on les attendait ! Le groupe ardent nous revient avec un album qui prouve, si c’était encore nécessaire, que les trois missionnaires du rock’n’roll n’ont pas fini de secouer nos oreilles et d’y faire entrer, à grands coups de disto, les rythmes les plus sauvages.

Après la claque de « Dynamic Boogie » en 2005 (même si ce n’était qu’un EP), après la confirmation avec « Hellelujah » en 2007, après le prometteur « Captain Boogie » en 2009, après avoir enregistré « Liquid Love » avec les plus grands en 2011, après l’album-concept « The Belgians » en 2014, après le sulfureux « Spit’n’Split » en 2017, le blues band liégeois le plus belge du monde en remet une couche avec un album aussi inattendu qu’explosif : « Loverdose » le bien nommé.
Si les Tropic nous ont habitués à un son rock comme le rock aime faire du son, c’était sans compter sur cette propension qu’a le groupe à développer des univers singuliers. Et à n’y pas manquer, ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. C’est un monde nouveau qui s’offre à vous. Un monde où le Rock’n’Roll se roule dans la luxure avec son nouveau camarade l’Electro. A eux deux, ils auront vite fait de vous déboucher les synapses et de vous envoyer un grand coup de fouet le long de la colonne vertébrale. En moins de temps qu’il ne faudra pour vous le dire, vous plongerez tête la première dans une incroyable frénésie faite de mouvements spasmodiques contenus avec peine, entrecoupés de larges éructations corporelles : tantôt votre bras, tantôt une jambe, voire les deux, échappent complètement à votre contrôle. Voilà. Ça y est : sans même vous en être rendu compte, vous dansez. C’est plus fort que vous.
Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : si l’électro fait son entrée dans l’arène, ce n’est pas pour mettre le rock à mort. Non non ! Comme dit plus haut, l’électro ne fait que se joindre au rock pour vous tabasser correctement. Une rosse dont vous garderez des séquelles. À vie. Pour toujours. D’ailleurs, il y a de fortes chances pour que vous y reveniez, vous faire cogner, que ce soit d’un swing de guitare électrique dans les dents ou à grands coups de séquenceurs dans le bide.
Une nouvelle teinte, donc, mais qui s’insère intelligemment dans la gamme de couleurs de la palette préférée du groupe. L’album est électrique plus qu’électro. Il puise toute sa puissance justement dans le rapport fraternel entre les deux styles. On retrouve toute la fougue de Dirty Cock, toute la verve et le sex-appeal de Boogie-Snake, on y retrouve également toute la perfidie de Devil d’Inferno. Le groupe est vivant. Il est là, il se tient devant vous. Et il s’apprête à vous mettre un bourre-pif dont vous vous souviendrez toute votre vie. Ceux qu’on aurait pu surnommer « Les Trois Mousqueutards » il y a quelques années sont passés au niveau supérieur même si ça commence tout pareil : ils vous prennent, vous retournent toujours, mais uniquement pour vous botter le cul cette fois.
Entre la puissance des riffs electrock et cette fête interminable que sont leurs lives, le meilleur conseil que je puisse vous donner, en plus de courir vous procurer cet album chez les meilleurs disquaires de la ville, dès que l’occasion se présente, filez les voir en live. Comme à leur habitude, le groupe y prend un soin tout particulier pour vous susurrer la vie à grands coups de décibels.

Quentin Perot