The New Gypsies Featuring Vic Juris : The New Gypsies Featuring Vic Juris
Le guitariste américain Vic Juris, qui a eu pour mentor le virtuose Pat Martino, a fait ses débuts en tant que leader avec l’album « Roadsong » en 1979. En plus de ses nombreuses collaborations, dont une de longue date avec le saxophoniste David Liebman, il a aussi construit une imposante discographie sous son nom. Au milieu des années 90, il a signé un contrat exclusif avec le label danois SteepleChase et, à partir de « Night Tripper » en 1995, il avait l’habitude de sortir un disque tous les ans… jusqu’à sa disparition à 66 ans, le 31 décembre 2019. Paru en 2020, l’album « Let’s Cool One » était supposé clore son héritage discographique. Mais c’était sans compter sur ces titres inédits enregistrés en janvier 2017 en compagnie du trio du vibraphoniste Tony Miceli. La confection du disque ayant été retardée pour des raisons techniques, l’album restauré, le 19e sur SteepleChase et probablement le dernier de Vic Juris, fait enfin surface huit années plus tard sous le nom « The New Gypsies Featuring Vic Juris ».
Dans l’esprit du Quintette du Hot Club de France, ce quartet propose des versions instrumentales de chansons célèbres (« Où es-tu, mon amour » d’Henri Lemarchand, « La vie en rose » et « Fais-moi valser » popularisées par Edith Piaf) ou des reprises de thèmes devenus des standards du répertoire manouche comme « Pêche à la mouche » ou « Nuages ». Le vibraphone apporte un vent de fraîcheur et de nouvelles couleurs frémissantes à ces mélodies familières. Le choix d’une basse électrique, plutôt que les sons boisés de la contrebasse, est atypique dans ce contexte gitan, mais Chico Huff s’avère particulièrement agile en échafaudant des rythmiques inventives et en livrant des solos inspirés (comme sur « Autum Leaves » en particulier). Quant à Vic Juris, son jeu de guitare est vif sur les morceaux rapides et lyrique sur les plus lents. Son phrasé staccato et ses cascades de notes sur certaines phrases, qui ne sont pas sans évoquer Pat Martino, font merveille sur les reprises de Django Reinhardt comme « Pêche à la mouche » et « Black and White ». Débordante de qualités à tous les niveaux, cette musique intemporelle coule dans les oreilles telle du miel sous un soleil d’été.
xxx.
