Vincent Thekal : Straight Ahead

Vincent Thekal : Straight Ahead

Boppin’ Monk

« Et si on jouait du Kenny Dorham, du Donald Byrd ou du Lee Morgan !? Pas en les copiant bêtement mais en s’en inspirant, en en prenant l’énergie et en gardant toute notre personnalité ! En restant sincère !? »

Voilà ce que s’est peut-être dit Vincent Thekal en invitant Rémy Labbé, Armando Luongo, Casimir Liberski et Sal La Rocca. Allons-y pour un concert à la Jazz Station (merci à eux d’être « partants »). Le quintette a eu la bonne idée de capter ce moment, ce jazz immortel qui renaît différent et plus vivant chaque fois qu’on le joue …enfin, quand les musiciens qui le jouent le comprennent et le vivent. Et c’est le cas du saxophoniste Vincent Thekal qui n’hésite pas à aller rechercher la profondeur et le gras du jeu d’un Dexter Gordon. Et puis, c’est l’esprit de Lee ou Kenny qui revivent sous les pistons de la trompette de Rémy Labbé. Et ensuite, il y a Casimir Liberski qui éblouit dans ce registre. Monsieur connaît ses classiques et sait les faire sonner (allez écouter ses interventions sur « Yama » ou « Straight Ahead », par exemple). Il a écouté Cedar, Wynton ou Herbie et il les a dans les doigts. Quant à la rythmique, elle est idéale : le drumming est intense et précis et la contrebasse est jubilatoire (du grand Sal La Rocca comme on l’aime !).

Ha ! La belle idée d’avoir enregistré cette musique en live ! On y ressent toute l’énergie, l’adrénaline, le « non-calcul » de l’instant, la spontanéité… Bref, tout ce qui fait la magie d’un concert de jazz en club. Merci pour tout ça !

Jacques Prouvost