Vliegwerk : Vliegwerk

Vliegwerk : Vliegwerk

Autoproduction

« Vliegwerk » : [ˈvliɣʋɛrk] en phonétique, que vous traduirez par « acrobaties aériennes », est un trio de jazz flamand composé du batteur Steven Cassiers, du guitariste (pedal steel) Tim Finoulst ainsi que du claviériste (mais également chanteur guttural) Wout Gooris. Tous gratifiés d’une reconnaissance certifiée au Nord de notre pays, pour avoir chacun participé à divers projets (Dans Dans, Tutu Puoane, Sam Joris…). Également le nom du premier album du même trio qui vient de nous parvenir et qui fait l’objet de cette chronique.

Entièrement enregistré dans les conditions d’un live, cet album tente de reproduire, manifestement avec succès, l’atmosphère captivante qui règne lorsque le trio se trouve en scène. Au centre des débats, il y a la pedal steel qui offre à nos oreilles, mais surtout à nos sens, l’impression « americana » de voyager dans de vastes espaces en friche. Mélancolique (« Auster » en hommage à Paul…) ou dotée d’un groove nettement plus appuyé (« Nirvana », sans détour…), la musique de Vliegwerk colle parfaitement à son patronyme. Elle survole la piste du cirque de façon aussi aléatoire que surprenante (cf. certaines sonorités plus que vintage). Relevons le magnifique « Daruma » (avec sa mélodie tranchante et le chant si particulier de Wout Gooris) et la participation de Toine Thys sur ce même titre ainsi que sur « Ervann », un hommage rendu à une source d’inspiration, le saxophoniste anversois Erwin Vann. Ce disque plus ou moins inclassable devrait plaire aux amateurs de folk décalé, comme celui qui nous est souvent proposé par le label norvégien Hubro.

Yves Tassin