
Le dossier Intervalles du mois ‐ Juillet : Kate Bush #1
En partenariat avec la radio Equinoxe FM (105.0 à Liège et streaming), JazzMania vous proposera tous les mois un dossier musical spécifique. Chaque mois, un thème, toujours sous le signe de la (re)découverte, en mots et en sons.
Icône la plus mystérieuse de la musique pop… du moins d’une « certaine » musique pop, Kate Bush nous a émerveillés, jusqu’au plus profond de son silence. Flashback en quelques épisodes sur une aventure musicale dont personne ne sait si elle est clôturée.
1. Kate Bush : An Endless Sky of Honey ‐ prologue (« Aerial ») ‐ EMI
« An Endless Sky of Honey », le prologue d’une cette pièce de 42 minutes que l’on retrouve sur le deuxième CD que contient l’album « Aerial ». Kate Bush, l’immense artiste à laquelle nous consacrerons ce dossier « sons & mots » qui sera suivi, au gré des mois, d’autres dossiers katebushiens… Au moins trois en tout car elle le mérite bien ! Ce « prologue » pour introduire cette anecdote qui situe bien le personnage. Un journaliste lui demande un jour si elle aime un chanteur en particulier. Réponse de Kate Bush : « j’aime beaucoup le merle noir. Puis aussi la grive musicienne. »
2. Kate Bush : The Man with the Child in His Eyes (« The Kick Inside ») ‐ EMI
On le sait, le parcours artistique de Kate Bush sort complètement de l’ordinaire. Elle naît dans une famille unie, plutôt aisée. Son père est médecin généraliste, passionné de musique classique, il joue de l’harmonium. Sa mère est infirmière. Puis, elle est aussi la cadette de deux garçons nettement plus âgés : Jay et Paddy, deux musiciens un peu connus au niveau de la scène folk londonienne. Paddy est entre autres collectionneur d’instruments anciens. Très jeune, Kate (que l’on appelle toujours Cathy à ce moment-là) compose des dizaines de chansons qu’elle joue au piano. Dont celle-ci, « The Man with the Child in his Eyes ». Elle a à peine quatorze ans et elle impressionne tout le monde par sa maturité.
3. Pink Floyd : The Great Gig in the Sky (« The Dark Side of the Moon ») ‐ Harvest
Vous connaissez sans doute l’effet domino. Jay, le frère de Cathy a un ami commun avec David Gilmour, un certain Ricky Hopper. Celui-ci demande au guitariste de Pink Floyd d’accorder une écoute attentive au travail de cette jeune fille incroyable. Les enregistrements que Gilmour entend le convainquent. Il réunit quelques musiciens et invite Kate Bush à enregistrer une démo dans son propre studio. Gilmour a aussi d’autres chats à fouetter puisqu’à cette époque-là, il se trouve en plein enregistrement de l’album qui va modifier sa vie : « The Dark Side of The Moon ».
4. Kate Bush : Moving (« The Kick Inside ») ‐ EMI
La première démo n’aboutit à aucun résultat concret. Mais David Gilmour n’abandonne pas. Il lui fait enregistrer une deuxième démo deux ans plus tard et cette fois-ci, Bob Mercer, le Directeur général d’EMI mort à l’hameçon. Il donne rendez-vous au Docteur Bush afin de lui soumettre un contrat d’enregistrement pour sa fille. Mais Kate Bush est si jeune encore qu’il lui faudra patienter encore deux années supplémentaires avant de concrétiser les effets du contrat. Deux années qu’elle ne perd pas en route… Elle se lance en effet éperdument dans une nouvelle passion : la danse. Son professeur, Lindsay Kemp jouit d’une belle notoriété (il s’occupera également d’un certain David Bowie). Kate Bush lui dédiera le tout premier morceau de son premier album, « Moving » alors que son professeur ignorait tout simplement qu’elle chantait.
5. Kate Bush : Wuthering Heights (« The Kick Inside ») ‐ EMI
Le premier album de Kate Bush « The Kick Inside » sort le 17 février 1978. Elle assume son souhait d’être une chanteuse pop à part, elle veut que sa musique dérange. Bien sûr, on ne lui donne pas encore tous les pouvoirs, elle n’a finalement que dix-huit ans. Les musiciens du groupe avec lequel elle a fait quelques concerts auparavant sont écartés sur pas mal de titres et certains arrangements musicaux lui échappent. Kate Bush s’en accommode, mais elle doit néanmoins insister très lourdement lorsque le choix du premier single arrive. C’est elle qui gagne la bataille, et ça changera tout : « Wuthering Heights » fait un carton mondial !
6. Kate Bush : Wow (« Lionheart ») ‐ EMI
Dans le refrain de « Wuthering Heights », vous l’entendez chanter « It’s me Cathy ». Cette chanson s’inspire de la fin d’un classique de la littérature anglaise : « Les Hauts de Hurlevent », l’unique roman d’Emily Brontë. Elle est est symbolique. En dépit de son âge, Kate Bush fusionne à merveille dans ce texte (et dans d’autres) la mort et le sexe, ce qui lui vaudra de devenir très jeune une icône des amateurs du genre gothique. La machine s’emballe et quelques mois plus tard, Kate Bush entre déjà en studio pour enregistrer la suite. « Lionheart », un album qui sort en novembre. Un album qui lui échappe plus encore. Elle prétendra d’ailleurs qu’il ne s’agissait pas vraiment de son album à elle. « Lionheart » est le mal-aimé de la discographie de Kate Bush, sur lequel on retrouve ce titre, « Wow », une critique qu’elle adresse au show-business…
7. Steve Harley & Cockney Rebel : Sebastian (« The Human Menagerie ») ‐ EMI
« Lionheart », malgré son échec relatif, sera un album important pour Kate Bush en ce sens qu’à partir de ce moment-là, et grâce au contrat ficelé par son père auprès d’EMI, un contrat qui l’autorise à diriger elle-même sa carrière, au rythme qu’elle entend suivre, Kate Bush prendra dorénavant le temps qu’il lui faudra pour avancer.
Le projet suivant, c’est une tournée au terme de laquelle parait un EP, « On Stage ». A Londres, pour rendre hommage à un éclairagiste décédé en début de tournée, elle est rejointe sur scène par deux chanteurs pour lesquels ce garçon travaillait aussi : Peter Gabriel, on y reviendra et Steve Harley dont l’univers, vous allez l’entendre, n’est pas très éloigné de celui de Kate Bush.
8. Kate Bush : Babooshka (« Never for Ever ») ‐ EMI
Nous le disions, dorénavant, Kate Bush prend sa carrière en main. Par exemple, et c’est exceptionnel au niveau de la musique pop, elle décide de ne plus faire de concerts. Entre la tournée de 1979 et la suivante, il s’écoulera (tenez-vous bien)… trente-cinq années ! Elle s’achète du nouveau matériel, elle dispose à présent de son propre studio d’enregistrement et enfin elle choisit les musiciens qui, selon elle, conviennent le mieux pour chaque chanson. Bref, Kate Bush devient autonome ! En prélude au troisième album annoncé, l’Europe et une bonne partie du monde découvrent le clip et le tube « Babooshka » qui fait un carton, son deuxième après « Wuthering Heights ».
9. Peter Gabriel : Games Without Frontiers (« Peter Gabriel 3 ») ‐ Charisma
Kate Bush a donc rencontré Peter Gabriel quelques mois plus tôt. C’est lui qui utilise pour la première fois certains outils d’enregistrement, comme les échantillonneurs dont Kate Bush se servira lors de la confection de son album. Par exemple, les bris de verre que l’on entend à la fin de « Babooshka ». Peter Gabriel est donc une source d’inspiration importante pour Kate Bush. De son côté, l’Ange Gabriel se montre terriblement impressionné par l’aisance artistique de la chanteuse. Il l’invite à enregistrer deux titres pour lui qui se retrouveront sur son troisième album paru en 1980 : « No Self Control » puis surtout « Games Without Frontiers ».
10. Kate Bush : Army Dreamers (« Never for Ever ») ‐ EMI
« Never For Ever », le troisième album de Kate Bush sort officiellement le 8 septembre 1980. Il marque une rupture importante par rapport aux travaux précédents. Dorénavant, c’est une Kate Bush plus mature encore qu’on apprendra à découvrir, même si sa musique ne fait pas encore l’unanimité. L’album reçoit un bon accueil du public, ce qui n’est pas tout à fait le cas de la presse.
11. Kate Bush : Breathing (« Never for Ever ») ‐ EMI
« Never for Ever » s’achève là où il a démarré, avec « Breathing », le premier single tiré de l’album, un titre audacieux qui ne rencontrera pas un énorme succès dans les charts. Contrairement à ce qu’en a pu penser avec effroi l’un des responsables d’EMI, cette chanson n’a évidemment aucune connotation sexuelle… Les « out / in » que Kate Bush chante dans ce titre expriment le manque d’air d’un fœtus dont la mère est en train de fumer. Kate Bush s’inspire aussi de l’album « The Wall » de Pink Floyd en ajoutant une voix off que vous allez entendre, celle d’un militaire qui commente un essai nucléaire. La bombe atomique étant l’autre thème de la chanson.
12. Roy Harper : You (« The Unknown Soldier ») ‐ Harvest
« Breathing »… Dans cette superbe chanson, c’est le chanteur folk-rock Roy Harper qui assure les chœurs. Roy Harper qui, à cette époque, invite lui aussi Kate Bush à venir poser sa voix sur un titre, « You », une composition de David Gilmour que l’on retrouve sur le dixième album de Roy Harper : « The Unknown Soldier ».
Ainsi s’achève la première partie de ce feuilleton consacré à Kate Bush, un feuilleton dont nous reprendrons le cours dans un mois.
Intervalles sur Equinoxe FM
Chaque mardi à 22 heures (rediffusion le jeudi, 22 heures)