Milos Asian : Mama Cocha
Aussi surprenant que cela puisse être, il n’y aurait pas grand-chose à dire. Huit titres aux allures de dream pop alignés sur la longueur d’une petite vingtaine de minutes. Quatre d’entre eux n’atteignant pas les cent-vingt secondes. Des instrumentaux, pas jazz, un peu poétiques. Il n’y aurait pas grand-chose à dire, non. Ou si peu… Que son auteur vit à Bordeaux. Qu’il a composé et joué le tout (une guitare électrique sans effets, quelques claviers, une voix, parfois une batterie), en s’inspirant d’un travail vidéo de son amie Oriana Villalon consacré aux abysses. D’où le titre, « Mama Cocha », qui fait référence à la déesse inca de la mer. Pas grand-chose à dire… Que ce curieux objet est en fait un « éco CD » construit à partir de bouteilles de plastique récoltées dans la mer, puis emballé dans une pochette fabriquée avec des DVD recyclés. Ce qui prend tout son sens lorsque l’on apprend que Milos a voulu, par sa musique et les images associées, célébrer la beauté des profondeurs marines. Rien à dire ? Vraiment ? Finalement si. Que ce disque n’est pas musicalement renversant sans le support des images (la vidéo se trouve en fin d’article), mais qu’il n’en demeure pas moins intrigant et humainement attachant. Milos ouvre les yeux, s’inquiète. Il est temps de prendre une pause et d’entendre ce qu’il a à nous dire.
