The Experimental Tropic Blues Band : Sous les Tropics

On dit que « l’occasion fait le larron » et que « les choses se mettent bien ». Ces deux expressions tombent à point nommé pour interviewer les Tropics lors de la double opportunité qui s’offre à nous : la sortie, il y a quelques semaines déjà, de leur album, mais aussi la méga-sauterie que JauneOrange organise pour ses 25 ans. En effet, si le label liégeois semble jeune à jamais, il n’en est pas moins que ce qui naquit d’un collectif de groupes a aujourd’hui un quart de siècle et occupe en 2026 une place de choix dans le paysage musical wallon, belge, et européen. Interview dans les loges en attendant la soirée du siècle en compagnie de Jérémy alias « Dirty Cock » et de David aka « Devil d’Inferno », en attendant que JJ « Boogie Snake » les rejoigne pour mettre le feu aux écuries de la caserne Fonck vers minuit…
Bonjour les Tropics. On se retrouve pour les 25 ans de JO le moment parfait pour évoquer votre longue histoire, et pour parler de cette longue période d’absence. Certains vous pensaient complètement corrompus par le star system, que vous vous rouliez dans les billets, dans la drogue…
Jérémy Alonsi : C’est ce qu’on faisait ! (Rires)
Y’en a d’autres qui pensaient que vous étiez mort. Il y en a toute une partie qui a patiemment attendu votre retour, et ils ont eu raison, parce que vous voilà à nouveau ! Vous voilà avec un album aussi surprenant qu’inattendu. Pourquoi diable nous avoir fait attendre si longtemps ?
« On a sorti un film qui s’appelait « Spit & Split » et les gens ont pensé que les Tropics, c’était fini. »
David d’Iinverno : Ben c’était pas nécessairement un choix, les choses se sont mises naturellement. Il y a eu sept ans entre les deux derniers disques, et dans ces sept ans, il y a déjà eu deux ans de COVID, où rien ou presque ne sortait. Et puis on a fait un break parce que je pense que tout le monde le voulait. On avait envie de faire autre chose, mais sans jamais se dire « c’est fini, on fait un break ». Ça s’est mis comme ça.
J.A. : Oui, et puis il y a eu aussi un petit quiproquo… on a sorti un film qui s’appelait « Spit & Split », peut-être qu’il y a eu une confusion, et les gens ont pensé que les Tropics, c’était fini, que c’était un dernier projet, une sorte d’adieu, alors que non, pas du tout.
Vous nous revenez avec un nouvel album, c’est un album qui est très brut, très puissant, tout à fait dans la lignée des précédents, mais avec un twist. Il est beaucoup plus électro que tout ce que vous avez fait précédemment. C’est une nouvelle dimension que vous amenez dans ce nouvel album. Comment est-ce que cette nouvelle teinte est arrivée dans l’écriture de votre musique ?
J.A. : Ça a été une adaptation par rapport aux démos que Jean-Jacques nous a envoyées. C’est d’ailleurs Jean-Jacques qui a eu l’envie de faire un nouveau disque, de manière spontanée. Comme David dit, ça s’est mis comme ça, on ne sait même pas pourquoi il a eu cette envie, mais il l’a fait, Il y avait une couleur dans ce qu’il nous avait envoyé, et on n’avait pas envie de dénaturer ce qu’il avait fait, et on a décidé de laisser comme ça. En tout cas d’aller dans son sens.

Dirty Cock © Quentin Perot
Ça n’a pas été trop compliqué de trouver ce lien entre ce nouvel élément, l’électro, et ce qui fait votre ADN, ce qui fait le son des Tropics ? On est carrément dans quelque chose de nouveau par rapport à ce que vous proposiez.
J.A. : J’ai l’impression que l’ADN n’a pas été tronqué, il est toujours là. Quand j’écoute ce disque, j’entends toujours les Tropics.
Attention, je ne dis pas qu’il n’a pas quelque chose en moins, je dis qu’il a quelque chose en plus.
J.A. : Il est peut-être un peu plus… je sais pas si c’est le terme… moderne ? Il est un peu différent.
D.dI. : Il a un côté un peu bricolage que j’aime bien. Un peu comme s’il avait été fait dans une chambre.
J’allais y venir, c’est quelque chose que j’ai perçu dans le mix, et pour être précis, je trouve plus « brut » que « bricolage ». Je le trouve sans compromis, beaucoup moins « studio feutré ». C’est quelque chose que vous avez voulu ?
J.A. : Soyons francs ! Ça faisait sept ans que le dernier album était sorti, y’a eu le COVID, on n’avait plus un balle. Il y a cette réalité-là aussi. On s’est demandé ce qu’on devait faire avec cette envie. Et l’envie n’a pas été plus forte que « le plan ». Le fameux plan carrière qu’on fait avec soi-même, avec le label etc, alors que dans le fond, on a toujours fonctionné aux envies, aux impulsions. Quand tout ça a commencé, c’est parti d’une impulsion. « On va faire un concert dans la cour de l’école » – « Mais je ne sais pas jouer de batterie ! » – « C’est pas grave, on va le faire quand-même ! ». Une impulsion. « Spit & Split », le film, c’est pareil, il y a un mec, Jérôme, qui débarque, qui nous dit qu’il veut faire un film et qu’il va nous suivre. J’ai l’impression que ce disque, et l’ADN du groupe, c’est l’impulsion. Le disque, on veut le faire, y’a plus de thune, mais on s’en fout, on a envie de le faire. Je sais un peu bidouiller, je sais un peu mixer, y’avait pas de moyens, je l’ai fait dans une chambre. On y va ! On fonce ! C’était l’impulsion.
Ça répond à deux de mes questions. La première portait sur cette honnêteté musicale, cette énergie brute et sans compromission. L’autre portait sur votre franchise sur scène et pendant les lives. Il y a énormément de groupes qu’on retrouve sur scène, et qui sont là pour se montrer. Pour montrer leur musique, pour avoir de la reconnaissance, là où j’ai l’impression que vous montez sur scène pour faire de la musique, et pas pour faire de l’image.
D.dI. : Pour revenir à l’ADN du groupe, les Tropics, c’est quand même fort la scène. C’est là qu’on s’exprime de la manière la plus intense, et c’est encore plus particulier sur ce disque-ci. Quelqu’un qui ne nous connaît pas, qui va écouter le disque et qui vient nous voir sur scène, c’est très différent. Il y a un gros travail de préparation du live.
« C’est peut-être ça qui a touché les gens au début. On était maladroits, mais on était vrais. »
C’est bien que tu en parles ! Si j’ai bien compris, les démos de Jean-Jacques, les percussions étaient faites avec des boîtes à rythme. Tu as donc dû les retravailler et adapter ça à un jeu humain, sans parler du fait que certaines choses « machine » ne sont pas forcément faisables par un humain…
D.dI. : Non, et puis l’idée des Tropics n’a jamais été de faire sur scène exactement ce qu’on trouvait sur le disque.
J.A. : C’est sûr qu’il y a la réalité dont on parlait tout à l’heure : la réalité de l’argent, du studio, du temps, qui nous manquaient… et malgré ça, il y a eu un gros travail d’adaptation en répète. Mais c’est quelque chose que je trouve super-intéressant… d’écouter un disque, de parcourir la carrière musicale d’un groupe, aller le voir en live et voir qu’il y a quelque chose de fort différent par rapport au travail studio. Même par rapport aux morceaux précédents, il n’y a jamais rien qui soit figé. On est au service de celui qui a le lead au moment où il prend le lead. On ne va pas se dire « ça fait quatre mesures, à ce moment-là tu dois chanter le refrain ». Non, si je n’ai pas envie de chanter le refrain à ce moment-là, je ne le chante pas. Si j’ai envie de ressentir quelque chose à ce moment-là, on se laisse le droit de le faire. On a travaillé pendant 20 ans à ça ! On part du principe que si un de nous a le lead, on se met à son service, on essaye de nous adapter à ce qui se passe.
D.dI. : Pour cet album-ci, il y a eu autant de travail pour faire le disque qu’après pour faire le live. C’est presque un an pour chacun. Un an pour le disque et un an pour le live.
J.A. : Pour moi, ce qui est intéressant également, c’est l’approche. Sur tous les disques, il y a eu une approche artistique différente. On parle des « Belgians », c’est une approche artistique, « Spit & Split », c’est une autre approche artistique, et en fait, le fait de devoir adapter le disque au jeu live, c’est encore une autre approche artistique.
D.dI. : Chaque disque qu’on a fait, c’est une approche artistique différente, et une façon différente de le faire, de le créer au-delà de l’approche elle-même. L’approche, c’est la manière dont on va aborder les choses, dont on va les envisager. La manière, c’est ce que nous sommes parfois obligés de faire pour des raisons techniques, humaines, ou en fonction du moment, de l’environnement.
J.A. : La genèse du groupe, c’est ça aussi. David qui n’avait jamais touché une batterie avant notre premier concert, ça aussi, ça fait partie de l’approche. Quand on y repense, c’est aussi un concept artistique fort et engagé. Ce qui est marrant, c’est que c’est au début, alors qu’on était foireux, qu’on a fait nos meilleurs concerts. Les gens se sont pris une claque totale. C’était à chaque fois une fête incroyable alors qu’il y avait beaucoup de maladresse…
D.dI. : De la maladresse ? Il n’y avait que ça en fait ! (rires) Et c’est peut-être ça qui a touché les gens. On était maladroits, mais on était vrais. On était honnêtes.
J.A. : Et là où c’est marrant, c’est qu’aujourd’hui, tout doit être ultra-bien-fait, ultra-carré, millimétré. Nous, ce qu’on veut, c’est venir avec toutes nos faiblesses, toutes ces choses vraies, ce qui fait qu’on est qui on est. Avec nos faiblesses et nos fragilités. Quand je vois Iggy Pop, ça me touche, le fait de savoir qu’il a une jambe plus courte que l’autre qui le fait boiter et qui l’empêche de se tenir droit. Il y a une vérité fragile et touchante qui est très belle. Tout peut s’écrouler à tout moment, mais il le fait parce que c’est lui. Il est comme ça. C’est là où la fragilité devient une force.

Devil d’Inferno © Quentin Perot
Tu parlais de vos débuts, un poil avant la naissance de JauneOrange. Vous avez participé d’une manière ou l’autre à la naissance du collectif/label ?
D.dI. : En fait, le collectif JauneOrange existait déjà quand on a commencé. Quand JF (Jean-François Jaspers – NDLR.) a intégré le collectif, on se connaissait, on se fréquentait un peu. Il est venu nous voir et nous a proposé d’intégrer le collectif (qui n’était pas encore un label). Le collectif, à la base, c’est une bande de gars qui se bougeaient un peu le cul pour faire avancer les choses ici à Liège, qui défendaient les projets qu’ils aimaient bien, qu’ils avaient envie de défendre. Le tout début des Tropics, c’est en 2000 et on a rejoint JauneOrange vers 2003, 2004, par là…
J.A. : Non, bien avant ça, on a intégré le collectif assez rapidement en fait.
Alors pas de bagarre hein ! J’ai été voir sur Wikipedia ! L’année où les Tropics ont commencé, ça dit 1999. La création du collectif, c’est 2000.
J.A. : Moi je dirais vers 2000 ou 2001, on a dû faire 5 ou 6 concerts sans l’étiquette JO, et après, ça s’est vite mis en place.
Pour faire simple, disons que ça fait 25 ans aussi ! Ça fait un paquet d’années ! Si vous aviez un conseil à donner à un petit groupe qui commence, ce serait lequel ?
D.dI. : Faites la même chose que nous (Rires)
J.A. : Je dirais que ce serait d’être le plus étrange possible. Ne pas essayer de reproduire quelque chose. Ne pas faire de la musique comme tel groupe ou tel artiste. Être le plus authentique possible. Sans filtre. En étant vous et en n’étant pas le monde dans lequel on vit, vous ne pourrez qu’être étrange, et donc authentiques. Et encore, étrange n’est pas le bon terme… il faut ne pas avoir peur d’être différent, d’être vous-même. C’est ça que je leur donnerais comme conseil… Et encore ! Je leur conseille de cultiver et d’entretenir LEUR différence.
« Les gens se pourrissent la vie à vouloir être comme les autres. Ça m’horripile. »
Et qu’est-ce que vous leur conseilleriez de NE PAS faire ?
J.A. : Ben justement, de faire comme les autres. Il y a un truc qui me gêne vraiment : sur les réseaux sociaux, tous ces gars que les jeunes suivent et qui dictent comment les choses doivent être. Il faut s’habiller comme ça, il faut faire ça, il faut penser comme ça, il faut tenir sa guitare comme ça, il faut se laver le visage comme ça, il faut porter des poids comme ça pour être musclé… Merde quoi ! Que les gens fassent comme ils veulent, qu’ils se sentent libres, et surtout heureux !
D.dI. : Ouais, mange de la porchetta ! Profite de la vie ! Ne te tracasse pas trop de ton aspect physique, et voilà ! (rires)
J.A. : Non, mais c’est vrai, c’est super important ! Les gens se pourrissent à vouloir être comme les autres. Ça m’horripile.
JO est un label local, que l’on peut qualifier « de proximité », avec une étiquette très liégeoise. Ça correspond assez à vos valeurs de spontanéité. Au-delà de ça, qu’est qui vous plaît particulièrement chez JO. Qu’est-ce qui fait que vous restez là ?
J.A. : Contrairement aux gros labels et aux grosses machines, JO est un label où les choses sont simples et ou ne se prend pas la tête. C’est confortable de se dire « On fait un disque ? Oui, allez on fait un disque ». Et une fois qu’il est sorti, « Qu’est-ce qu’on fait ? On fait des concerts ? Allez, OK, on fait des concerts ». Alors, on passe quelques coups de fils, et il ne se passe rien. Voilà, c’est comme ça. Pour nous, le plus important, c’est d’avoir ce disque en main. Mission accomplie !
D.dI. : En fait, on est ensemble parce qu’on se ressemble. Ensemble, on fait la révolution molle. La phrase n’est pas de moi, elle est, je pense de Bouli Lanners, dans une interview, il a parlé de cette énergie liégeoise un peu molle et ça m’avait marqué. Je pense que ça illustre bien ce qu’on vient de dire.
J.A. : Et le plus important, comme je le disais tout à l’heure, ce n’est pas de faire un plan de carrière. Le plus important, c’est de faire de la musique. Voilà. C’est tout. Avec les années et tout ce chemin, on a trouvé une espèce de signature « Tropic ». On peut mettre des boites à rythme, ça sonnera toujours « Tropic ». On adapte ce qu’on a fait avec cette boite à rythme pour aller jouer sur scène, et au final, ça a toujours la signature « Tropic ».
« On a eu une période où tout était possible. On disait oui à tout. »

The Experimental Tropic Blues Band © Quentin Perot
On ne va pas faire le bilan des 25 ans, mais rapidement, c’est quoi votre meilleur souvenir avec JO ?
J.A. : Je crois que c’est quand JF était à la tête de JO et qu’il s’occupait de nous (JF a été le manager des Tropics à partir du moment où le groupe a rejoint le collectif jusqu’à ce que JF quitte JO pour rejoindre à 100% l’équipe du Microfestival, en 2017 – NDLR). C’est là qu’on a fait les trucs les plus incroyables. On est allés jouer plusieurs fois aux États-Unis, au Canada, on a enregistré un disque à New York, tout ça grâce à l’impulsion de JF.
D.dI. : Les Tropics n’auraient jamais été les Tropics sans lui. Il fait encore partie intégrante de l’équipe.
J.A. : C’étaient l’énergie et l’envie qui primaient sur la réalité et sur la faisabilité des choses. On osait l’impulsion comme je disais tout à l’heure.
D.dI. : On a eu cette période où tout était possible. On disait oui à tout. On nous proposait des trucs ? On disait oui, et on le faisait. Ça allait de “jouer pour 200 balles dans un resto” à se retrouver à Dour devant un public de 10000 personnes. On le fait !
J.A. : Le meilleur exemple, c’est quand on nous a proposé un concert en Espagne, pour une seule date, et on a dit OK, on le fait. On est allé en Espagne en bagnole pour jouer 2 heures !
D.dI. : On le fait ! Tant qu’on pouvait jouer, nous, on disait oui !
J.A. : On avait un chauffeur qui a conduit la nuit pendant qu’on dormait. On est arrivés à midi alors qu’on jouait à 13h ! T’imagines l’ambiance là-bas ! Les gens paniquaient de ne pas nous voir arriver. Ou alors ce concert à St Jacques de Compostelle pendant la plus grosse grève dans les transports aériens. « Oui oui, on le fait ! ». On n’a jamais eu d’avion sauf un à 23h.
D.dI. : On est arrivés après l’heure à laquelle on devait jouer.
J.A. : On a joué, le festival était terminé, tout le monde était parti.
D.dI. : Je me souviens que les organisateurs étaient en train de démonter pendant qu’on jouait.
J.A. : On devait jouer à 15h, on a fini à 1h du mat’ seuls sur le site ou presque !
Et du coup si ces genres de souvenirs sont les meilleurs, j’imagine assez facilement que ces excellents souvenirs ont aussi entrainé… les pires !
D.dI. : Oui, évidemment…
J.A. : Mais au fond, même les conséquences les plus inattendues et pas toujours les plus agréables restent dans la catégorie des bons souvenirs. Par exemple, se faire arrêter à la frontière américaine avec de l’herbe, c’était pas marrant, mais ça reste un bon souvenir. Mais ça n’était vraiment pas marrant ! Se faire prendre, encore une fois avec de l’herbe, mais cette fois à Lessines, et se faire faire une prise de sang par un médecin bourré, ça non plus, ce n’était pas très marrant, mais ça reste un bon souvenir. Se prendre un procès par un échevin d’une ville, c’est pas très marrant !
Tu peux préciser pourquoi, s’il te plaît ?
J.A. : Parce que j’ai montré ma bite. A l’époque, il n’y avait pas internet et tout ce qu’on connaît aujourd’hui, c’était quand-même moins grave.
Tu parlais de spontanéité tout à l’heure, on est dans le thème.
J.A. : Je préfère parler d’impulsion ! C’était une impulsion. C’était la grande époque de la bite électrique !
Avec Dirty Cock !
J.A. : Le mec voulait se faire réélire, il nous fait venir, et puis il nous attaque en justice. C’est passé au journal et tout ! Ça, par contre, ce n’était pas très drôle, ça fait flipper, mais après, ça fait des bons souvenirs.
Et bien merci, je propose qu’on finisse sur ces mots pour conclure sur une note résolument Rock’n’Roll ! Je suis très impatient de vous voir jouer ce soir pour les quatre morceaux de cette courte setlist. Ça va être intense !

La légende raconte que la soirée remplit toutes ses promesses et fut d’une rare intensité. Retrouvez le portfolio et le résumé de cette soirée aussi nostalgique que remplie d’espoir tant les noms qui s’écrivent sous le nom JauneOrange sont bourrés de talent.
Loverdose
The Experimental Tropic Blues Band
JauneOrange
