Omrum : Bringer of Light

Omrum : Bringer of Light

Hobby Horse Records

Nous pensions avoir saisi le pourtour du jazz scandinave. C’était là pécher par orgueil tant celui-ci est mouvant et ne cesse de s’étendre. A JazzMania, chaque mois, nous découvrons de nouveaux artistes en provenance de Suède, de Norvège et du Danemark. Ainsi d’Omrum. Quartet issu de la scène féconde de Copenhague, il présente un premier album carte de visite. Ce « Bringer of Light », porteur de lumière de par son titre, offre une dizaine de compositions adroitement balancées qui évoluent sur une ligne claire tendant vers un horizon dégagé. C’est la texture qui prend le pas sur le style. Une contrebasse ronde et confortable (Richard Anderson), une rythmique agile qui ne roule pas des mécaniques (Jakob Høyer), et deux cuivres : une trompette (Erik Kimestad), un trombone (Mads Hyhne). Ces quatre-là n’ont élu aucun leader en leur rang, ils avancent en pleine égalité, chacun à l’écoute des autres même si c’est Kimestad qui signe les deux tiers des compositions. Trois autres, dont la plage introductive, sont improvisées collectivement. Le disque a été enregistré à l’hiver dernier, le temps d’un week-end, sur la petite île danoise de Møn dans une grange transformée en studio au sein de laquelle règne une atmosphère naturelle. Pour peu, on entendrait crépiter les bûches dans le poêle à bois. Pour peu, on s’imaginerait frôler de la main les parois crayeuses des falaises qui bordent la côte est de l’île. Pour peu, on se surprendrait à dodeliner légèrement la tête, heureux d’écouter cette musique qui nous étreint paisiblement, comme si elle hésitait à s’imposer à nos oreilles abîmées par un hiver agaçant.

Eric Therer