The Messthetics & James Brandon Lewis : Deface The Currency

The Messthetics & James Brandon Lewis : Deface The Currency

Impulse! / Universa

Pour en saisir l’esprit, il faudra remonter à la préhistoire du trio Messthetics, préfacer cette chronique en vous racontant le parcours d’un groupe punk américain essentiel : Fugazi. Un quartet vertueux dont l’éthique consistait à limiter les prix des tickets de concerts et des disques autour des 10 $. Fugazi rencontrera un beau succès d’estime dans les 90’s, époque bénie pour les groupes punks américains (Nirvana bien sûr, mais aussi Offspring, Green Day, Rancid, Lemonheads et tant d’autres). A la tête de Fugazi, on retrouve Ian MacKaye qui a fondé le label indépendant Dischord (les deux premiers albums des Messthetics y ont trouvé refuge). Quant à la section rythmique, elle se composait de Joe Lally (basse) et du batteur Brendan Canty. Il y a une petite dizaine d’année, ces deux-là font appel au guitariste polymorphe Anthony Pirog (quelques disques publiés chez Cuneiform notamment) pour former un groupe de jazz-punk… The Messthetics.

Deux albums en trio, puis, à la demande de Pirog, on assiste à l’incorporation du saxophoniste coltrainien James Brandon Lewis dont le nom brille de mille feux dans tous les festivals européens depuis quelque temps. La mayonnaise prend, le trio augmenté enregistre un premier album éponyme édité cette fois chez Impulse! puis se lance à corps perdu dans une tournée de plus de 150 dates. Si ce n’est au niveau de la puissance du gang, déjà présente avant cette tournée, celle-ci offre aux Messthetics la possibilité de renforcer la relation naissante entre le groupe et le saxophoniste. A la puissance de la musique s’ajoute alors une complicité entre les musiciens. Les improvisations s’en trouvent enrichies, tout comme la construction des thèmes qui tournent autour du punk-rock, du funk et du free-jazz. « Deface The Currency » en est la juste et bonne synthèse. Malheureusement, le site internet du groupe ne mentionne aucune date en Europe… C’eût été jouissif !

Yves Tassin