Kin Gajo : Tsuki

Kin Gajo : Tsuki

W.E.R.F. / N.E.W.S,

Il fallait en priorité tenter de déchiffrer l’énigme. Trouver la signification de ces deux mots-là. « Kin » pour le « groupe » (le clan…) et « Gajo » pour en préciser la philosophie, « celui qui vit à proximité d’une société, sans en faire partie ». Ceci nous en dit long sur les intentions de ce trio découvert au Gaume Jazz l’an dernier, dans le cadre du projet « salut les voisins ». On pourrait oser « le groupe qui se situe proche du jazz, mais qui s’éloigne de ses règles ». Osons, on ne risque rien. Il fallait ensuite analyser le contenu. Trois musiciens issus de la nouvelle scène flamande… du jazz. Le rôle de leader / compositeur est cédé à l’accordéoniste Stan Maris (trois albums au sein de Kreis). On vous avertit de suite, il sera très compliqué de discerner le son de l’accordéon parmi la lave sonore qui coule dans les sillons de ce vinyle-là. Le trio se complète par le souffleur Werend Van Den Bossche (Dishwasher_) et le batteur Tom Peeters.

Décor planté et petite précision : Stan Maris est manifestement un fan de la culture manga, ce qui se ressent au niveau des titres de certains morceaux et de l’artwork de la pochette, délégué à un certain « Moon », ce qui expliquerait peut-être bien (ou pas) le nom de ce deuxième album de Kin Gajo, « Tsuki » (« la lune » en japonais). On perçoit chez Maris la volonté d’ouvrir sa musique (le jazz à la base) à d’autres genres. L’electro et le hip-hop instrumental en l’occurrence, ce qui constitue je pense la force du trio. « Tsuki » va au-delà de la mouvance electro-jazz qui fait actuellement des ravages en Belgique. La musique du trio garde son sens mélodique tout en bénéficiant d’un renfort important au niveau des sonorités et du groove. Pas étonnant dès lors que Kin Gajo ait obtenu un trophée au Gent Jazz Talent 2024 (un an avant Ola Tunji…) et qu’il me soit si difficile de retirer ce disque de ma platine…

Yves Tassin