Murat Öztürk : Simple Things
Je vous ai déjà confié mon admiration pour les disques assez courts – entre 30 et 45 minutes – dans lesquels on trouve souvent (à mon avis) l’essentiel d’un message et toute la personnalité d’un artiste. C’est encore le cas ici, avec le sixième album du pianiste et producteur turc (qui vit à Luxembourg depuis belle lurette) Murat Öztürk.
Dans ce « Simple Things », et comme le titre l’indique, Öztürk n’y va pas par quatre chemins (tortueux). Il met en avant toute sa science et son amour de la mélodie et des harmonies divinement bien balancées. Avec ce très bel album, aussi sensible que sincère, il semble prendre un peu de recul par rapport à la frénésie ambiante et à l’agressivité latente de notre monde. Il laisse parler le cœur, ou les cœurs, par les voix de David Linx (majestueux sur « The Lady of the Fountain » ou « On the Overpass ») et de Sascha Ley, dont je m’obstinerai à répéter inlassablement qu’il est indispensable de découvrir – si ce n’est pas encore fait – ce talent incroyable. Allez écouter le titre éponyme et « Impermanent Horizons » par exemples, ou encore cette perle qu’est « The Sign » en duo avec David Linx. Quelles voix !
La voix… Murat Öztürk lui-même chante, et avec quelle élégance et personnalité, sur quelques titres dont ce « Quiet Now » dépouillé ou ce « Run » à la rage contenue. Soutenu par une rythmique de premier ordre (Thomas Bramerie à la contrebasse et Franck Agulhon aux drums), le compositeur laisse également de la place aux très inspirés soufflants : Patrice Leroy (flg) et Patrice Lerech (tp).
« Simple Things » est un bonheur de musiques qui ne se refusent pas et qui allègent à coup sûr votre âme. Et cela paraît tellement simple.
