Limite : A Thought Went up my Mind Today

Limite : A Thought Went up my Mind Today

W.E.R.F. / N.E.W.S.

Limite, LA limite. Voilà bien un concept que je déteste assumer. Les limites sont faites pour être dépassées. Mieux, elles sont faites pour être transgressées. La limite, c’est le bout de quelque chose, sa fin. Ça veut dire qu’on n’ira pas plus loin. Ça annonce un renfermement qui sent l’odeur des chaussettes après un effort sportif. Un repli. Mais rassurez-vous : la limite, le groupe bruxellois qui a choisi ce patronyme, il ne la connaît pas. Le bassiste Jordi Cassagne et ses amis de jeu savent qu’au-delà d’une limite, il y a plein de belles choses à découvrir, des zones à défricher. On a dès lors affaire à de « vrais » musiciens de jazz qui se sont laissé engloutir dans une pop faussement légère, véritablement aventurière, voire psychédélique. Ces musiciens, on les connaît. Outre Jordi Cassagne que nous avons déjà cité et qui se trouve à son initiative, le line-up du groupe comprend également Camille-Alban Spreng (décidément fort actif en ce moment) aux claviers, Théo Lanau (Le Grand Partir) aux drums et Benjamin Sauzereau, échappé de sa Remorque, à la guitare. Ce sextet se complète avec le chanteur Kobe Dupont (manifestement parti vers d’autres cieux depuis la sortie de l’album et remplacé par Alice George Perez) ainsi que Isak Van Haegenborgh dont la voix est tout simplement craquante. Sachez encore que les textes des « chansons » de ce bel album (leur deuxième) sont attribués en partie à Emily Dickinson et William Blake, que Koen Giesen – décidément fort sollicité en ce moment – s’est occupé du son, et qu’enfin j’adore « Twenty-Four Centuries Ago » qui me fait fort penser aux Walkabouts. Bref, et pour (presque) reprendre la formule de leur label : du jazz pas jazz… du tout !

Yves Tassin