Andrew Carroll: Speaking Of Gravity

Andrew Carroll: Speaking Of Gravity

Autoproduction

Son second album, le pianiste compositeur new-yorkais est venu l’enregistrer en Italie. Précisément à Udine. Nous ignorons le pourquoi de ce long déplacement, la pochette étant avare de renseignements. Ce musicien qui a accompagné de nombreux grands noms, de Burt Bacharach à Steve Miller, a emmené deux pointures dans ses bagages. A savoir le renommé batteur Jeff Ballard (Ray Charles, Pat Metheny, Brad Mehldau, Chick Corea…) et le contrebassiste Danny Ziemann (Dave Holland, Joshua Redman…). Trois étatsuniens, formant un trio de jazz moderne, vont ainsi enregistrer ce magnifique album. Tout en retenue, en finesse, le piano, la batterie et la contrebasse vont se mouvoir dans des compositions jazzy, fluides, élégantes. Andrew va essentiellement jouer ses partitions sur les notes aigues, claires du piano. Les trois musiciens vont s’unir dans des compositions qui invitent à la détente, au laisser-aller. Nous écoutons ces neuf compositions comme si elles faisaient partie d’une thérapie, d’une volonté de tendre vers le bien-être, vers de la bienséance. Certaines plages ont été écrites dans ce but. Je pense notamment à « How the Clock Strikes Now », une méditation sur le temps qui passe, balancier d’horloge inclus. Toutes les sonorités, les ambiances découlent de la finesse de jeu des trois musiciens avec comme but ultime d’atteindre le raffinement sonore. Je manque de mots pour décrire les prestations du bassiste et du batteur tellement ils sont fabuleux, inventifs ! Seul « Fading Fires » s’éloignera quelque peu de ces atmosphères en proposant une rythmique un peu brésilienne, un peu bossa nova. Tout le reste se veut limpide, ciselé, élégant. Précieux même. Quel plaisir cela doit être d’assister à un de leurs concerts dans un petit club de jazz bien accueillant, confortable. Sans effet inutile, sans effet démonstratif, le trio assure sereinement son jazz avec une efficacité redoutable. La toute grande classe.

Claudy Jalet