Anu Junnonen & Tuur Florizoone : White Paper
Vingt-cinq ans d’amitié et de partage musical, mais Tuur et Anu n’ont pas abusé de sorties discographiques, c’est le moins qu’on puisse écrire : si on les a découverts ensemble au début des années 2000, avec « ANOO », leur dernière production commune date de bientôt vingt ans avec « The Luckless Lands of the North ». Ce qui était à l’époque un quintet s’est aujourd’hui transformé en duo augmenté de quelques couleurs apportées par les percussions d’Etienne Plumer sur « Deep Cut » et de Jörg Brinkmann au violoncelle sur deux titres. Le temps n’a pas eu de prise sur la sensibilité et le romantisme de leur collaboration, non plus sur leur originalité : sauf erreur de ma part, toutes les compositions de « White Paper » sont des nouvelles pièces. « Earth People » ouvre l’album avec Tuur au piano donnant le ton d’un album qu’on qualifiera de poétique, doux, mais ponctué de quelques cadences militaires sur « Vihma » au tempo saccadé. Et puis vient « Laundry Day », un splendide duo voix-piano sur un texte magnifiquement écrit. Arrive « Deep Cut » avec l’invité Etienne Plumer sur un gros son d’accordéon, puis « Animal with a Funny Name », thème enlevé sans paroles. Dans ce programme original se glisse un des thèmes les plus connus de la pop : « Everybody’s Got to Learn Sometimes », peut-être un choix teinté de nostalgie, en tout cas une mélodie à laquelle le duo vocal n’a pas apporté cette touche originale qui leur est propre et qui domine l’ensemble de l’album.
