tellKujira : La lucha es un poema colectivo

tellKujira : La lucha es un poema colectivo

SuperPang Records

Novembre 2023, les quatre musiciens qui forment tellKujira se trouvent en résidence au prestigieux institut IRCAM dans le centre de Paris pour enregistrer de nouvelles pièces. Au dehors, des manifestants se font entendre, scandent des slogans. Ce sont les travailleurs du Centre Pompidou voisin qui protestent pour le maintien de leurs droits sociaux menacés. Ils vont, malgré eux, s’inviter dans le processus de composition qui est à l’œuvre et donner son titre à cet album. Des fragments de leur clameur se retrouvent clichés sur « En grève », le premier morceau qui ouvre le disque, qui en est aussi le plus long, s’étendant sur plus d’un quart d’heure. Cette brève histoire de l’humanité en lutte se prolonge avec « Que viva México! » qui fait référence à la guerre d’indépendance du Mexique. S’en suit une inattendue « Tarantella » agile et ductile. La quatrième et dernière pièce, « walking on the beach / what to love and fight for », s’appuie sur des fractions de chants et de narrations dont il est difficile de dire d’où elles proviennent, mais dont la valeur poétique est indéniable. Deux guitares électriques, rehaussées par de nombreux effets, un violoncelle et un violon alto constituent l’armature instrumentale de ce quatuor italien basé à Rome. Il n’est pas étonnant de constater qu’il a figuré à l’affiche de festivals avant-gardistes tels Area Sismica, Soundscape Festival et Moers, mais aussi au programme du Café Oto à Londres. « La lucha es un poema colectivo » se situe quelque part sur le chemin entre le célèbre « The People United Will Never Be Defeated » de Frederic Rzewski et le « Slow Riot For New Zero Kanada » de Godspeed You Black Emperor! Luttons !

Eric Therer