Duerinckx, Foussat & Therer : Tilff concert
Six décembre 2025, Chalet de Haute Nuit, sur les hauteurs de Tilff. La nuit est sombre, hivernale, sans être vraiment rigoureuse. Le hameau où se situera l’action qui nous occupe ici est calme, quelques âmes à peine, retranchées derrière les volets clos de leurs habitations. Rien n’indique qu’un concert s’y donnera dans quelques instants. Logique : il aura lieu dans l’intimité du salon de notre hôte et collègue Eric Therer qui y a invité quelques amis proches, comme s’il avait invité quelques compagnons à partager un match de foot devant sa télévision. En mieux… L’une a confectionné un vin chaud, une autre de délicieux bonshommes de pâte aux raisins de Corinthe. Sans oublier la rassasiante soupe de Myre. Ainsi, tout prédestinait à vivre ce soir-là de magnifiques moments de partages. Hugues « Diva Ghetto » Peeters s’est invité à la fête, sans apporter un chips ou une bouteille de rouge anonyme puisée chez un Paki, mais en nous offrant quelques notes de musiques improvisées qui constitueront le lever de rideau de cette soirée. Devant nos mines incrédules, Saint-Nicolas en personne apparaîtra ensuite pour jeter à la ronde quelques chiques inattendues. Et tandis que le Grand Saint s’effacera discrètement par une porte dérobée, deux activistes des musiques improvisées (osons dire « radicales ») se réuniront au beau milieu du salon pour y jouer un set équivalent à une mi-temps de match. Au saxophone, on retrouve le Brabançon Jean-Jacques Duerinckx qui fut membre du collectif d’improvisation Inaudible (sic). Face à lui, Jean-Marc Foussat, l’un des maîtres européens des musiques électroacoustiques, retranché derrière ses machines dont il extirpera bruits concrets, saturations et voix trafiquées. S’entendant et s’écoutant comme deux larrons en foire, les deux fourbes seront rejoints lors de l’extra-time par notre hôte qui achèvera cette prestation en mode spoken words. A l’écoute de ce disque témoin me reviennent en mémoire ces instants précis où le partage entre amis prend tout son bon sens.
Note : Jean-Marc Foussat gère depuis une dizaine d’années le label spécialisé FOU Records sur lequel est édité ce disque-ci. Une visite des lieux s’impose pour tout amateur de musiques libertaires : https://www.fourecords.com/
