Monolithe Noir : La foi gelée
J’ai vu deux fois Monolithe Noir en concert. La première fois Antoine Messager Pasqualini était seul sur scène derrière ses machines, ses synthés, et il délivrait une musique assez sombre, expérimentale. La seconde fois, c’était à l’occasion de la sortie de l’album « Rin » et c’était sous une formule trio que le groupe se produisait. Délivrant à l’occasion une musique beaucoup plus accessible sans renier pleinement les origines. Pour ce quatrième album, composé et enregistré entre Bruxelles et Brest (Antoine est breton) et sans abandonner les synthétiseurs, il a laissé plus d’espaces sonores à la guitare, à un trio de cordes et à une section rythmique dans laquelle apparaît brièvement Billy Fuller (le bassiste de Beak, également présent sur le dernier Souad Massi !). Sans oublier la voix également beaucoup plus exposée, utilisée. S’il fallait décrire, via des couleurs, la musique jouée actuellement par Monolithe Noir, il me semblerait évident d’évoquer le noir et le blanc. Du sombre, de la densité et de la légèreté, de la lo fi. Parce que ce sont ces éclaircies, ces éclats plus sereins qui impriment l’évolution de Monolithe Noir. Et entre les deux, on ajoute des touches de krautrock ! A l’écoute des onze compositions, ce sont ces ressentis qui prédominent et d’une façon générale ces titres se rapprochent désormais plus d’un format « chanson ». Avec, évidemment, toute une série de singularités sonores. Une voix pop sur une musique intense (« Down In »), une base expérimentale, voire délicate qui en devient plus assourdissante (« Seek You »), de l’électro transe assez répétitive avec une dose de pop intrépide (« Running Fast ») et nous retrouvons encore ce mélange de densité et de douceur sur d’autres titres. Notamment au sein de « Threat On Me ». Quant à la captivante plage titulaire, elle n’hésite pas à nous faire voyager entre drones, psyché et pop ! Maintenant le cap des expérimentations sonores, Antoine a opté pour un positionnement, une insertion de touches mélodiques dans ses compositions. Il s’est ouvert à d’autres voies et cela me semble être un choix optimal. Faisant de ce dernier album certainement le plus immédiat, le plus direct, le plus lumineux.
