L’Oriole : L’Oriole

L’Oriole : L’Oriole

Vlek Records

Quand il s’agit pour les musiciens et les musiciennes qui nous adressent leur notice biographique de se prévaloir d’inspirations « classiques », les noms de Steve Reich, Philip Glass ou Terry Riley sont souvent cités. Comme si le vingtième siècle se serait résumé à la circonférence de la musique minimaliste américaine. Celui d’Oliver Messiaen ne revient que très rarement. Peut-être est-ce sa figure qu’il faudrait convoquer à l’endroit de la musique de L’Oriole ? Messiaen dont le style se décantera, se dépouillera au fur et à mesure qu’il progressera dans son singulièrement riche parcours, tout en restant flamboyant, conservant l’empreinte d’un baroquisme lyrique et sonore qui avait fait sa renommée. Vers le milieu des années cinquante, ses chants d’oiseaux marqueront un autre tournant, un autre lyrisme, ils resteront indéfectiblement associés à son langage modal d’une diversité inouïe. D’oiseaux, il est inévitablement question ici. Autant d’espèces pour autant de compositions que proposent Clara Lévy et Stéphane Clor. La première est violoniste et compositrice, le second artiste sonore. L’Oriole est à la fois leur projet commun et le titre éponyme de leur premier album. A deux, ils tissent la trame d’une musique subtile, riche d’infinies nuances, abondante en plis et en replis. D’apparence minimale, elle se révèle parfois étonnamment maximale. Le duo explore la résonance, recourant à une technique particulière qui s’appuie sur des résonateurs et des transducteurs. Le son des cordes est dirigé sur des cymbales, des peaux de batteries et sur d’autres petits objets favorisant leur ampleur, leur propagation. Live, la démarche requiert de l’auditeur une attention particulière s’il veut en saisir la pleine portée. Ce qu’avaient démontré avec brio Clara et Stéphane lors de la présentation du disque au Brass à Bruxelles en juin dernier.

Eric Therer