Bjarke Falgren : Turkis
Le violoniste/compositeur danois réalise ici un album fait d’intuitions, d’ouvertures d’esprit, basées sur une intime connexion entre l’artiste et son instrument. Au départ d’une complicité entre piano et violon, ce dernier offrant des sonorités plutôt traditionnelles, la musique s’ouvre à d’autres instruments comme la guitare électrique ou la section rythmique (batterie et contrebasse) avec, toujours comme fil rouge, les belles sonorités du violon. Découlant au départ sur un rendu posé qui pourrait s’apparenter à une bande son de vieux films avec çà et là des passages solistes eux aussi feutrés, comme ce beau moment à la guitare électrique offrant une évasion vers un blues évaporé. Organique, parfois minimaliste, ou parfois plus enjoué, le jeu de l’artiste offre ainsi plusieurs facettes da sa maîtrise. Laissant aussi libre cours aux autres instruments, il leur permet de s’exprimer, offrant à l’auditeur de jolis passages solistes au piano par exemple. Le violon de l’artiste reprenant ensuite les avant-postes pour à nouveau nous bercer dans une atmosphère mélodique, organique, qui continue de nous faire penser à la bande sonore d’un film d’auteur. Notons aussi que, techniquement, Bjarke Falgren utilise aussi bien l’archet que ses doigts pour frotter ou gratter les cordes de son instrument de prédilection, preuve, s’il en est, qu’il est un virtuose en la matière. Voilà un bel album où l’artiste arrive à insuffler dans ses compositions un petit vent venu d’ailleurs, peut-être d’un pays transcontinental situé entre l’Asie et l’Europe ?
