Jacopo Ferrazza & Sebastian Marino : Apeiron

Jacopo Ferrazza & Sebastian Marino : Apeiron

Teal Dreamers Factory

Jacopo Ferrazza est contrebassiste et Sebastian Marino claviériste. Ces deux musiciens italiens sont amis depuis de très nombreuses années, mais ce disque constitue leur première collaboration commune. Nous savons peu de choses de Sebastian Marino, si ce n’est qu’une grande partie de son temps est dédiée à l’enseignement. Jacopo Ferrazza est, lui, une réalité du jazz transalpin et on se souvient de ses deux albums (« Fantàsia » en 2022 et « Prometheus » en 2024) à la tête d’un quintet qui nous plongeait dans un monde tantôt poétique, tantôt onirique et fantastique.

Rien de tel avec ce disque en duo, enregistré en une seule session et sans montage. Le duo nous propose 21 improvisations-compositions, 21 titres courts, les 10 premiers regroupés dans une suite nommée « Epanastasi » (que l’on peut traduire par « Répétition ») et les 11 suivants dans une seconde suite, « Oneiro » (« Rêves »). Il s’agit, on l’aura deviné, de dialogues entre la contrebasse (jouée de toutes les manières possibles) et différents claviers (piano, Hammond, mellotron, mini moog), le tout augmenté d’effets électroniques les plus divers (des semblants de voix sont souvent présents, ou encore cette espèce de moteur d’hélicoptère dans « You Are Not The Body » et « You Are Not The Thought »). Autre originalité de ce disque : chaque morceau porte le titre d’un vers d’un poème, poème qui est lu à deux reprises à la fin de « Oneiro ». Le plus souvent, les sonorités sont douces, parfois à la limite du murmure, mais cette quiétude peut se transformer, à de rares reprises il est vrai, en un univers sonore beaucoup plus dynamique.

Voici bien une œuvre singulière faite pour des curieux, des amateurs d’exploration musicale. Elle pourra intéresser, comme l’ont dit les musiciens lors d’une interview, aussi bien les amateurs de musique classique que de jazz, que de rock progressif ou encore de musique électronique. Ce disque, c’est un peu tout cela et d’autres choses encore.

Sergio Liberati