Jean-Louis Rassinfosse : un demi-siècle avec Hortense…

Cela ne vous aura pas échappé, Les Lundis d’Hortense célèbreront « 50 ans de jazz belge » avec « 5 jours de partage, de retrouvailles et d’explorations » qui s’écouleront du 30 septembre au 4 octobre. On fait le tour du proprio avec des regards croisés. Après celui de la nouvelle génération, voici celle de l’… Non, je n’ai rien dit !
L’homme est aussi imposant que sa contrebasse, et son histoire avec le jazz en impose tout autant. Jean-Louis Rassinfosse se souvient des débuts de l’aventure des LDH.
Comment décrirais-tu le milieu du jazz à tes débuts ?
Jean-Louis Rassinfosse : Le contexte du jazz belge était assez disparate : il y avait beaucoup de musiciens de première génération, peu de jeunes faisaient du jazz à ce moment-là, il n’y avait pas d’école d’ailleurs à cette époque. C’était aussi une période de passage entre les anciens et les nouveaux : je jouais avec Jacques Pelzer, avec Chet Baker… Il y avait Janot Morales, Willy Albimoor de la génération précédente qui acceptaient les jeunes et trouvaient chouette que ceux-ci se mettent au jazz. Il y avait une transmission orale.

Rien d‘institutionnel, donc.
J-L. R. : On n’était pas subsidiés à l’époque, seulement l’opéra et la musique classique étaient soutenus. Concernant les Lundis d’Hortense, on s’est réunis pour mettre en avant ce qu’on appelait les « troisièmes musiques » qui n’étaient pas soutenues : même au niveau des disques, il y a eu très peu d’enregistrements de la génération qui nous a précédés. Les Lundis D’Hortense se sont formés pour mettre en avant les jeunes artistes notamment par un festival. A la Villa d’Hortense se mélangeaient les musiciens de rock, de jazz, les chanteurs…
Comment les Lundis d’Hortense se sont-ils structurés ?
J-L. R. : On a pas mal galéré au début ! Il y avait beaucoup de bénévolat, on était tous dans la vingtaine et nous étions disposés à passer du temps pour l’association. Dans ces années – là, 1975-1976, les gens avaient besoin et envie de ces mouvements-là. Au début des années 80, ça s’est un peu mieux structuré et le jazz était devenu le mouvement le plus collectif de tous, les chanteurs et les musiciens rock étaient plus individualistes. Michel Herr a été très important à l’époque notamment pour rechercher des aides, des chômeurs qui faisaient des stages et, un peu plus tard, des gens qui faisaient un service civil. Il y a aussi eu dès le départ un « noyau dur » qui s’occupait de l’administratif.
« Le label des Lundis d’Hortense a été créé parce que personne ne demandait pour enregistrer notre musique. On s’est dit qu’o allait le faire nous-mêmes. »

Le label LDH est apparu comme une évidence ?
J-L. R. : Le label LDH est venu parce que personne ne demandait pour enregistrer notre musique et on s’est dit qu’on allait le faire nous-mêmes. Les disques avec Charles Loos, Serge Lazarevitch, « Savah » qui a été le début d’une longue série, que Sowarex a repris sous le label IGLOO par la suite, et qui en est à plus de 300 titres maintenant en quarante ans ! Huit disques sont sortis sur LDH, dont le disque avec Chet Baker et Philip Catherine qui a été un fameux coup de pub, et aussi le premier CD de jazz gravé en Belgique.
Et des productions hors jazz…
J-L. R. : Il y avait en effet aussi dans la sphère LDH des musiciens qui ne faisaient pas du jazz, mais dont le style n’était pas défendu par ailleurs : il y avait « Julverne » avec Charles Loos qui est aussi un des membres fondateurs, avec Jeannot Gillis qui faisait aussi partie de la communauté des LDH.
« On ne sait pas très bien d’où vient ce nom d’Hortense… »

Hortense, un nom étrange pour être associé au jazz…
J-L. R. : On est retourné à la Villa d’Hortense pour les quarante ans, et en fait, cette villa ne s’appelait pas Hortense, on ne sait d’ailleurs pas très bien d’où vient ce nom d’Hortense…
Une enquête à mener pour les soixante ans…
Les Lundis d’Hortense célèbrent leurs 50 ans de jazz belge : leslundisdhortense.be
