Andy Laverne: Crystal Night

Andy Laverne: Crystal Night

Steeplechase / Xango Music

Pianiste accompli, Andy Laverne est aussi un compositeur prolifique avec à son actif un nombre incalculable de morceaux originaux. Complice un temps du regretté guitariste John Abercrombie avec qui il a enregistré quelques albums (dont l’excellent « Farewell » en 1993), il a aussi joué, entre autres, avec Stan Getz dont il a été le pianiste de 1977 à 1981. Mais c’est sur le label SteepleChase qu’il a construit une œuvre personnelle imposante avec quelque 30 albums enregistrés en leader ou coleader (le premier datant de 1977), revisitant à sa manière des standards du jazz, rendant hommage à de grands musiciens qui l’inspirent, en particulier des pianistes comme Chick Corea, Horace Silver (« Serenade to Silver », 1994), Tadd Dameron (« Tadd’s Delight », 1995) ou encore Budd Powell (« Bud’s Beautiful », 1996), et bien sûr offrant ses propres compositions qui ne manquent certainement pas d’attrait.

Le voici une nouvelle fois en quartet, avec la vibraphoniste Sasha Berliner et sa rythmique habituelle qui comprend le bassiste Mike Richmond et le batteur Jason Tiemann, pour un répertoire de dix nouvelles compositions originales. La présence du vibraphone dans une ambiance post-bop renvoie à l’esprit d’un Bobby Hutchertson. Des titres enlevés comme « Listen Here » ou « Power Play » mettent en évidence la cohésion du groupe et les capacités des deux solistes, celles accomplies du vétéran pianiste mais aussi celles de la jeune vibraphoniste américaine, étoile montante de l’instrument (un statut confirmé par le magazine Downbeat en 2020), dont le jeu séduit autant par ses couleurs harmoniques que par sa profondeur émotionnelle. Quant au titre éponyme, tout en douceur, sa fluidité et son lyrisme murmurent autant au cœur qu’aux oreilles. Cet album de jazz acoustique totalement dépourvu de temps mort est une autre production qui, tout en cimentant la réputation d’Andy Laverne, mérite vraiment le détour.

Pierre Dulieu