
Baptiste Trotignon : Brexit Music
A l’heure où il devient compliqué de recevoir des albums anglais because of Brexit and taxes, Baptiste Trotignon a, pour sa part, saisi le problème à bras-le-corps : si la pop-rock anglaise ne vient plus à nous, allons vers elle ! Bon, ceci n’est sûrement pas la motivation profonde du pianiste, on irait plutôt vers « un certain goût de la dérision finalement assez british » comme il le dit dans les notes de pochette, les liner-notes pour rester dans l’esprit. Ceci dit, voici un projet qui peut sonner « casse-gueule », resucée, opportuniste… Absolument rien de tout cela avec ce super trio : aux côtés de Baptiste Trotignon, Matt Penman et Greg Hutchinson sont bien présents pour le groove et l’intensité de la musique. Ça démarre avec un « Drive My Car » que n’aurait pas renié un pianiste comme Joe Zawinul façon quintet de Cannonball Adderley. L’arrangement de « Money » des Pink Floyd vaut son pesant d’or et est d’une originalité qui sublime l’original. Etonnante aussi la version de « We Are the Champions », raffinée celle de « Life On Mars ». La version de « Almost Blue » d’Elvis Costello ne serait-elle pas un hommage à celle de Chet Baker tout en finesse et douceur ? Pour avoir fait écouter cette galette à des amis plutôt rockeux, tous y ont trouvé un plaisir qui n’a rien de nostalgique. Et ils ont rallié l’enthousiasme dont j’ai fait preuve à l’écoute de ce Brexit réussi !