Barbara Wiernik : Between Whispers

Barbara Wiernik : Between Whispers

Igloo Records

Barbara Wiernik nous revient avec un véritable diamant vocal et instrumental aux multiples facettes. Quelle initiative intéressante que de s’associer à 4 superbes voix européennes : Elina Duni (Suisse-Albanie), Sofia Ribeiro (Portugal), Veronika Harcsa (Hongrie) et David Linx (Belgique). La chaleur de la voix de notre Barbara Wiernik nationale, tel un ruban souple, limpide et solide, nous emballe ce cadeau musical.

À la première écoute, j’essaie de deviner à l’aveugle à qui appartiennent ces voix, car j’ai assisté à des concerts de tous (sauf de Sofia Ribeiro que je découvre avec délice grâce à ce disque).

David Linx, est facile à repérer. La complémentarité de la voix masculine et des voix féminines offre un espace de vibration et d’harmonie magnifique. Je reconnais aussi l’inventivité rythmique et la richesse du vocabulaire sonore de Veronika Harcsa  dans « Give this song a Title » et l’émotion jointe aux discrètes inflexions orientales de la voix d’Elina dans « Femme qui court avec les loups ». Leur empreinte est sans doute d’autant plus forte que ce sont des morceaux qu’elles ont créés de A à Z.

Au-delà, j’avoue que je suis incapable de deviner quelle chanteuse chante quelles voix, car elles sont capables d’aller dans l’aigu ou le grave, de se transformer, se doubler, s’entrecroiser, se connecter, se moduler dans les nuances, jusqu’au chuchotement, au halètement.

Si Barbara est à la barre pour 4 morceaux sur 9, ce disque est le résultat d’une co-construction. Elle a posé les paroles sur les compositions de son partenaire de toujours Alain Pierre : « Symphony of Souls » et « Dance Beneath the Waves ». Elle assure paroles et composition de « Refuge Place » et « The Garden Tree ». Les 5 autres morceaux sont des créations de 3 chanteurs et des pianistes Marie-Sophie Talbot et Diederik Wissels. Il est à noter le juste équilibre entre hommes et femmes, entre instruments et voix (6 hommes et 6 femmes), dont la violoncelliste Sigrid Vandenbogaerde et les guitaristes Bálint Gyémánt et Alain Pierre, Nicolas Fiszman à la basse, Antoine Pierre à la batterie (M-S. Talbot aussi aux percussions).

Chaque morceau brille de son éclat harmonique, laissant place à des scats ou des interventions des instruments. J’adore le rythme étouffé de la guitare, le velouté du violoncelle, le son aquatique ou léger des percussions. Barbara Wiernik a toujours considéré la voix comme un instrument et nous offre une palette incroyablement vaste de toutes les possibilités qu’il offre en duo, en quintet, en solo. C’est un réservoir inépuisable d’inspiration pour les chanteurs de jazz, de circle song ou de chorales. On peut écouter ce disque, le réécouter à l’infini, pour vibrer à quelque chose de toujours neuf : un écho, une vague, une harmonie, un souffle, un rythme, un dialogue… Laissons-nous envelopper par l’énergie qui circule dans ce trésor.

Claire Ruwet