Dave Pietro : The Butterfly Effect
Installé à New York depuis 1987, le saxophoniste alto Dave Pietro a longtemps joué avec le Maria Schneider Orchestra ainsi qu’avec l’orchestre de Gil Evans, le Darcy James Argue’s Secret Society et le Toshiko Akiyoshi Jazz Orchestra. Parallèlement à ces collaborations prestigieuses, il a aussi enregistré sous son nom une dizaine d’albums, dont le très remarqué « Standard Wonder » en hommage à Stevie Wonder. Après « The Talisman », paru en 2024, « The Butterfly Effect » est son second disque pour SteepleChase. Le label danois possédant une forte identité, on retrouve souvent au fil des productions les mêmes noms de musiciens qui enregistrent comme leaders ou sidemen : c’est le cas ici où Dave Pietro s’est entouré du pianiste Gary Versace, du trompettiste Scott Wendholt, du bassiste Jay Anderson et du batteur Adam Cruz. L’ensemble propose un post-bop mélodique, dense en contrepoints et porté par une grande liberté d’improvisation. Sur les neuf titres, six sont des compositions originales signées par le leader. Elles se démarquent par des thèmes bien écrits dans des genres variés allant de la ballade lyrique « Idle Tears » au très sophistiqué « Svengali », en passant par le bluesy et entraînant « Mr. Breitenfeld ». Les trois reprises ne sont pas en reste. « Promises, Promises », issu d’une comédie musicale de Burt Bacharach et popularisé par la chanteuse Dionne Warwick, est un véhicule simple mais idéal pour les trois solistes qui échangent avec aisance. « Free Man in Paris », une des grandes chansons de Joni Mitchell, conserve toute sa fraîcheur grâce à une relecture élégante où saxophone et piano redessinent le thème avec finesse. Enfin, « Taboo to Love » de Stevie Wonder est une petite perle de soul-jazz qui met en relief l’alchimie de ce quintet et sa fluidité naturelle. Encore un bel album de SteepleChase qui ravira les amateurs de jazz à l’américaine !
