Treetops: Aphonia

Treetops: Aphonia

Maladisco – Xango Music Distribution

Ils sont sept, tous en dessous de la trentaine, mais ces jeunes Romains puisent majoritairement leurs inspirations dans le rock, le jazz fusion et le progressif des années septante. Dans lesquelles ils intégreront des touches plus contemporaines, plus osées, notamment une rythmique électronique sur « Happiness Is ». Leur second CD « Aphonia » ils l’ont conçu comme un opéra conceptuel. Basé sur les communications et les troubles du langage. Heureusement qu’ils nous le signalent puisque leurs chansons sont pratiquement toutes instrumentales ! A l’exception d’un peu de texte parlé en italien ou des vocalises émises par deux chanteuses externes au groupe. Dans Treetops, composé de six garçons et d’une fille, nous allons être, avant tout, les auditeurs de sonorités issues du rock progressif avec des claviers, une guitare classique, un piano ou des synthés caractéristiques. Auditeurs aussi du rock grâce à deux guitares bien puissantes, carrées, jouées notamment par Anna Bielli, pas trop perdue au milieu de la gent masculine. Auditeurs enfin d’un jazz fusion émis par les deux saxophones (soprano et ténor) qui passent du tonitruant au virevoltant sans oublier d’être fournisseurs de belles mélodies (« The Listener » par exemple). Personnellement, les deux instrumentistes auxquels j’ai le plus accroché sur l’album. Les touches plus contemporaines seront amenées par la technologie électronique et là nous aurons quelques flashes vers le post rock, vers des sons plus intrigants « à la Radiohead ». Mais ils seront distillés avec parcimonie. « Melancholia » me semble être le titre le plus caractéristique de cette approche quelque peu différente. Car, au final, c’est ce mélange entre rock progressif et jazz fusion cuivrée assez puissante qui résume au mieux la musique jouée par Treetops. Et les deux plages d’ouverture « Afasia » et « Ecolalia » contiennent déjà tous les éléments dont je vous ai entretenu jusqu’ici. Sans être fascinante, cette musique sait se faire surprenante, déroutante parfois, et je pense que dans un club comme le Spirit Of 66, elle devrait séduire.

Claudy Jalet