De Beren Gieren : Fuzzy Bears

De Beren Gieren : Fuzzy Bears

Marcel Records

Il y a plus de treize ans déjà, je découvrais De Beren Gieren lors d’un concert qui me laissa coi tandis que peu après, chroniquant « A Ravelling », leur deuxième album, je fus séduit par leurs petites compositions espiègles, alertes et pas ours pour un sou. Plus tard, lors d’une interview, Simon Segers nous confiait : « Notre trio, c’est trois personnalités, qu’importent les instruments en fait » alors que Fulco Ottervanger insistait sur le fait « qu’il faut toujours qu’un de nous trois garde le tempo ou la mélodie ». De fait, ils ont eu beau nous habituer aux jeux et aux facéties, ils ont toujours veillé à rester dans le périmètre imparti de compositions saisissables. Avec ce déjà huitième album, De Beren Gieren déroute plus encore les auditeurs qui avaient pu jusqu’alors les suivre. « Fuzzy Bears » sort du rayon jazz, lorgne du côté des premiers enregistrements de Kraftwerk, sans toutefois chercher à les imiter, rappelle à certains endroits le Tortoise des années 90. Ce disque aurait pu figurer sur le label Duophonic Records de Stereolab tant sa quête pour les sonorités curieuses ressemble à un credo. On songe aussi parfois à François de Roubaix dans l’approche mélodique fouillée et faussement niaise, écoutez « Levenslied », la filiation est patente. Lors du dernier Brosella Spring Festival, on a pu en découvrir un bon nombre de titres qui sonnaient magnifiquement dans la grande salle du Volta. Le trio avait opté pour une position assise et frontale avec le publique, interchangeant leurs instruments respectifs. Mais, davantage encore, il confirmait sa véritable symbiose collective, sans soli démonstratifs, sans tirades expansives.

Eric Therer