French TV: The Spanish Caper

French TV: The Spanish Caper

Cuneiform / Mandaï Distribution

Formé en 1983 dans le Kentucky, French TV doit sa longévité au bassiste fondateur Mike Sary. Il est toujours fidèle au poste, tandis que de nombreux line-up se sont succédé au fil des ans et des albums. Et celui-ci doit être le seizième du groupe ! On pourrait le traduire comme « La blague espagnole », résultant du fait de Mike a emmené quelques compères en Espagne, deux semaines dans un studio d’Oviedo, pour y enregistrer les huit titres qui figurent sur le « Disc One ». On évoquera le « deux » plus tard. Fidèle au jazz-rock progressif qui reste la marque du groupe, Mike a voulu créer cet album dans l’esprit des années fin des sixties, début des seventies, quand certains groupes de l’époque se retrouvaient dans des endroits perdus et créaient parfois des chefs-d’œuvre ! La formation actuelle, outre la basse de Mike, comprend un guitariste, un batteur, un claviériste, un violoniste et un saxophoniste et, à l’exception du batteur, tous ont composé. Mais ils ont aussi jammé je pense. L’esprit de l’époque choisie est bien présent, notamment via le violon de Ludo Fabre qui nous remémore des formations telles que Flock ou un peu It’s A Beautiful Day qui était plus psyché. Ceci se laisse écouter sans déplaisir, mais il est évident qu’il manque de grands titres dans cet album. Tirent vraiment bien leur épingle du jeu, le violoniste et le saxophoniste, mais au niveau des compositions, tout est simplement moyen. Et que dire de la plage titulaire, sorte de fourre-tout, chanté en espagnol, entre Magma et Santana ! Le « Disc Two » est encore plus nostalgique puisqu’il est constitué de douze reprises datant de cette époque et qui ont influencé le bassiste. Pas spécialement des morceaux qui ont squatté les charts, mais de bons titres inclus dans des albums souvent passionnants. Des noms valent plus qu’un bête écrit, donc je cite : The Kinks, Mountain, The Guess Who, Spirit, Iron Butterfly, Procol Harum, James Gang, Bull And The Matador (avec le déjà décapant André Williams), Traffic, Bloodrock, Rory Gallagher et Steppenwolf. Une liste qui a “de la gueule”, qu’il est agréable d’écouter en repensant à ces époques, mais il faut bien avouer que ces reprises n’apportent pas grand-chose de neuf. Surtout que des chanteurs tels que Gary Brooker ou John Kay imprimaient tellement leur voix unique sur les morceaux. Mais je me suis malgré tout amusé à les écouter de nouveau après tant d’années (j’avoue que deux m’étaient inconnues). L’enregistrement s’est fait cette fois à Louisville et, outre l’assez fidèle guitariste Katsumi Yoneda, le claviériste, le batteur et le flûtiste étaient encore d’autres musiciens ! Mais tant que Mike Sary sera là, French TV vivra et créera ! Avec des bonheurs divers. Conscient du fait, il avoue que ce second disque, il l’a fait pour son propre plaisir et ses souvenirs d’enfance.

Claudy Jalet