Gustavo Cortiñas : The Drum Also Sings

Gustavo Cortiñas : The Drum Also Sings

Desafio Candente Records

Arlette, la cheville ouvrière de l’agence That Jazz Girl, nous a envoyé ce disque avec, pour seul accompagnement, ce petit mot écrit à la main : « For fans of Max Roach, this will be a great fit. Enjoy! » De Max Roach, il est question ici. Pas seulement pour son héritage musical, mais également en tant qu’inspiration spirituelle. Le batteur Gustav Cortiñas le considère comme un mentor, tout comme Papa Jo Jones et Roy Haynes, et entend lui rendre hommage, poursuivant la démarche qui était la sienne, celle d’insuffler une dimension mélodique dans la rythmique, d’où le titre du disque. Pour ce faire, Cortiñas s’est entouré de deux autres batteurs : à sa gauche Dave King, à sa droite Isaiah Spencer. Aucun autre instrument n’a été ajouté, si ce n’est quelques passages de clarinette vers la fin. Pour autant, il n’est pas uniquement question de rythmes, la poésie imprime les compositions du début à la fin. Cortiñas a fait appel à quatre poétesses : Angelina Suyul qui provient des Chiapas au Mexique et narre dans sa langue locale, la Chilienne La Paula Herrera, l’Argentine Maryta de Humahuaca et, en clôture, l’immense, la tonnante Angel Bat David qui revisite la Psaume 23 de l’Ancien Testament, affirmant ainsi ses racines d’hébreue noire, alternant sa voix et sa clarinette. Même les pièces purement instrumentales, surtout « Dialogue with the Ancestors », déclinée en trois parties, semblent clamer, et ce alors qu’elles ne contiennent ni voix, ni mot. « The Drum Also Sings » est un disque qui dit le rythme, qui dit la vie, qui nous dit que celle-ci est consubstantielle à celui-ci, et inversement.

Eric Therer