Hélène Duret Synestet : Perception
Lors de la sortie de « Rôles » en 2022, on vous parlait de travail d’équipe et de son d’ensemble à propos de « Synestet », le quintet de la clarinettiste Hélène Duret. Dès les premières notes de « De loin en loin », on retrouve ces deux signatures de la compositrice-arrangeuse : un son dense et puissant qui vous fera immanquablement penser à une bande son d’un film d’action. Le court « Solo » de clarinette basse qui suit apaise le climat avant que « Point commun » ne nous emmène dans une promenade méditative ponctuée d’un beau solo de Fil Caporali. Ah oui ! Le quintet initial a aussi grandi avec la venue de Nils Wogram au trombone subtilement à l’œuvre sur « Adieu » (au fait, Hélène Duret aurait-elle été séduite par la complicité du tromboniste allemand avec Michel Portal ?). Le titre « Enfermé dehors » traduit une inquiétude marquée par l’errance de la mélodie que confirme la joyeuse dérive de « Sinueuse ». Que dire de la complicité de ce quintet magnifiquement équilibré si ce n’est qu’elle atteint son sommet sur « Intro » suivi de « Basculements » : intro solo de Fil Caporali, puis une mélodie douce où se mêlent clarinette et sax sur le jeu des toms de Maxime Rouayroux… Superbe ! Hélène Duret joue à merveille avec les couleurs, les images, l’art du dialogue et de l’écoute mutuelle. Si « Rôles » avait été une révélation, « Perception » est la confirmation de l’enchantement que crée la musique de la clarinettiste.
