Linus Eppinger & Sam Braysher : A Sinner Kissed An Angel

Linus Eppinger & Sam Braysher : A Sinner Kissed An Angel

Fresh Sound Records

Deux albums du guitariste Linus Eppinger, basé à Amsterdam, ont déjà été chroniqués dans ces pages. Il revient aujourd’hui avec ce nouveau disque réalisé en collaboration avec le saxophoniste alto Sam Braysher qui est, lui, basé à Londres. Avec le contrebassiste américain Darryl Hall et le batteur néerlandais Eric Ineke, ils ont constitué, presque sur le vif, un quartet qui s’est rapidement retrouvé dans un studio d’Utrecht afin d’y enregistrer dix morceaux ni trop complexes ni trop arrangés. L’atmosphère rappelle ainsi ces séances que Prestige ou Blue Note organisaient jadis à la chaîne. Alternant ballades et swing, le répertoire propose un lot de reprises, pas toutes très connues : ainsi, le morceau « A Sinner Kissed an Angel », qui donne son titre à l’album, provient par exemple d’une chanson oubliée, écrite par Mack David et Larry Shayne en 1941 et enregistrée pour la première fois par un jeune Frank Sinatra avec l’orchestre de Tommy Dorsey. On y trouve aussi « Roundabout », une ballade langoureuse de Vernon Duke, « Room 608 » de Horace Silver en forme de hard-bop coup de poing, « Relaxing at Camarillo » emprunté à Charlie Parker ou « A Smooth One » de Benny Goodman sur lequel s’illustra jadis le pionnier génial de la guitare jazz, Charlie Christian. Les solistes s’en donnent à cœur joie et font preuve d’un réel savoir-faire et d’enthousiasme tout autant que d’un grand respect du matériau original. Certes, tout ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais cette relecture des glorieuses années 40 et 50 ne manque ni de fraîcheur ni de personnalité.

Pierre Dulieu