Raphaël Pannier Quartet : Live in Saint Louis, Senegal
En février de cette année 2025, j’ai eu le bonheur d’aller écouter au Duc des Lombards à Paris le trio du batteur Raphaël Pannier avec François Moutin (cb) et Thomas Enhco (p). Du leader, je ne connaissais que peu de choses. Je l’avais entendu sur l’album de Rémy Labbé (dont j’ai parlé ici https://www.instagram.com/p/CsJXUcmth8n/… ) ou sur l’un de ses propres albums : « Faune ». Après avoir longtemps séjourné à New York où il s’est forgé une belle réputation, il est rentré en France vers 2020. Et le voici maintenant au Sénégal pour un projet généreux (70‘ de musique) et roboratif. Au trio initial, il a ajouté l’excellent saxophoniste cubain Yosvany Terry, mais il s’est offert, en plus, un rêve d’enfant : mélanger jazz et le Sabar (percussions et musique sénégalaise), ces rythmes ensorcelants qu’il avait découverts, petit, sur un disque de Doudou N’Diaye Rose. Et voilà donc notre quartette qui fusionne avec l’octette de tambours du maître Khadim Niang, pour faire exploser « Lonely Woman », « Take Five » ou encore « Naima » dans une ferveur et une inventivité incroyables. On retourne aux sources du jazz. A l’essence de la communication et du partage. Et l’inverse est valable aussi. Sur des compositions collectives ou sur celles de Khadim (« Sine Saloum », « Hommage to Doudou N’Diaye Rose »…) le Sabar rejoint le jazz. Autant dire que le feu brûle d’un bout à l’autre de ce disque enregistré en live (à l’exception d’un titre) au Saint Louis Jazz Festival. La tension et la transe ne font que monter et chaque musicien semble sortir de son enveloppe corporelle pour faire vivre cette musique autant spirituelle qu’organique. Improvisations, échanges tendus, liberté totale, jubilation évidente. Un album éruptif, ébouriffant et totalement jouissif.
