Sarah Heneghan : Tiny Sacred Gaps

Sarah Heneghan : Tiny Sacred Gaps

Autoproduction

Parfois, des artistes possèdent la facilité de bien définir leur univers musical rien qu’en nommant leur album. C’est le cas de cette musicienne de Sheffield qui, avec ces « Petits endroits sacrés », nous emmènent dans la sphère musicale qu’elle apprécie. Celle formée par de délicats instants qui sollicitent le jazz contemporain, la musique de chambre et des textures plus atmosphériques. Sarah est avant tout batteuse, mais aussi guitariste et aime manier les machines électroniques et ne se refuse pas quelques samplings. Sur les huit compositions de sa plume qui figurent sur cet album, elle s’est entourée de Charlotte Keeffe (bugle et trompette) et de Ben Gaunt (piano et orgue Rhodes). La musique jouée est fondamentalement jazz de par l’utilisation des cuivres, des rythmes hachurés de la batterie et des touches délicates du piano, mais la compositrice n’a pas rechigné à poser des bases post rock sur quelques titres. En utilisant la répétition suivie de progressions et en plaçant de l’ambiant électronique, en soutien, elle nous dévoile de belles intensités voire même des zones avec des sonorités assez sombres. Et là, il vous est loisible d’avoir des pensées pour les musiques de Sigur Rös, de Mogwai et de quelques autres. La répétition est aussi souvent utilisée au piano, et cela dans une optique proche de Philip Glass ou Arvo Pärt. Mais une simple douceur, comme une pause relaxante, est aussi à écouter au sein de « Heath ». Et régulièrement, nous aurons droit à des instants plus délicats, plus minimalistes comme dans « Water Never Leaves » mais que viennent fissurer des notes cuivrées ! Au fil des plages, il y a des improvisations, des touches de folk et des ressentis envers un certain jazz scandinave. Celui qui offre de douces mélodies, qui évoque des paysages, de vastes étendues où seule la nature sauvage suggère la vie. Une musique définitivement tournée et vouée vers « la campagne » dans ces instants, comme le confirme la couleur verte omniprésente sur la pochette. Entre sonorités infimes et moments plus denses, la musique de Sarah entretient, captive l’auditeur, sur toute sa durée. Une belle révélation.

Claudy Jalet