Yôkaï : Humboldt

Yôkaï : Humboldt

Humpty Dumpty

Nous avions quitté Yôkaï sur une belle note : un morceau caché en fin de l’album « Coup de Grâce » qui aurait pu figurer au générique du mythique « Autobahn » de Kraftwerk et qui semblait ouvrir de nouvelles perspectives pour le futur. Quatre ans plus tard, « Humboldt » (un titre qui fait référence à l’un des derniers glaciers tropicaux, donc à la crise climatique), le troisième album du groupe bruxellois, démarre avec sa plage titulaire sous le signe du groove. Un groove qui ne nous quittera jamais en fait, tant la paire rythmique dicte ici sa loi, et ce sous différentes formes. En mode dub (« Lalo »), jazzy (le solo de saxophone dans « Iguazu », « Mocassins »), rock vintage mélodique (« Dewey », « Waaktaar ») ou psychédélique (le très beau « Federico », « Fortumino #2 »). Exit dès lors les sonorités ethio-jazz des débuts et place à une nouvelle ère qui voit le super-groupe d’autrefois (huit membres) se muer en un solide sextet explorant de nouvelles frontières. Sans jamais perdre ni de sa spontanéité, ni de sa capacité à nous faire hocher de la tête en signe d’acquiescement, une fois de plus. Yôkaï est décidément un groupe insaisissable, à l’image de la créature fantasmagorique du folklore japonais dont son nom s’inspire.

Yves Tassin