Stephen Grew : Pianoply
Il y a deux ans, nous vous présentions « Now we are Here », deuxième album solo de Stephen Grew, articulé en trois pièces longues et trois pièces courtes, déclinaisons d’une même improvisation, jouées sur un piano Kawaï 2A et saisies sur le vif dans l’église baptiste de Lancaster. L’année dernière, il réalisait « Fire », enregistré à l’Université de Lancaster sur un Steinway D. Ce nouvel album, réalisé cette fois en studio, le voit évoluer sur un Yamaha. Quel que soit le modèle de piano, quel que soit le lieu, Stephen Grew prend toujours un même plaisir à jouer. Et il nous le communique à merveille. « Pianoply » a été consigné en quelques heures à peine. Les trois longs morceaux (23, 19 et 15 minutes) qui le composent ont juste été entrecoupés pour les besoins de deux pauses thé ! A l’instar de ses albums précédents, le pianiste du Lancashire a procédé par improvisation. Il serait facile de voir dans le titre un jeu de mots qui renvoie à l’idée de la panoplie, un terme qui, étymologiquement, désigne un armement complet. Les armes de Grew tiennent dans ses phrasés, intenses et vifs, sur lesquels il appuie ses compositions. Son jeu est à la fois abstrait, de prime abord peu aisé à saisir dans son entièreté, et pourtant profondément lyrique, clair. « Music to treasure! » indique Bandcamp. Un slogan qui n’est pas dénué de pertinence. Grew nous conforte dans l’idée qu’il est autant à l’aise dans l’interprétation de figures pianistiques majeures (Keith Tippett, Terry Riley) que dans l’exploration de son propre langage.
