Tribalism3 : Même le singe tombe de l’arbre

Tribalism3 : Même le singe tombe de l’arbre

Coax Records

Troisième album pour ce groupe français assez singulier puisqu’il mixe des influences disons début seventies de la kosmiche muzik allemande avec divers aspects des musiques dance actuelles. Le tout soutenu par l’efficace et inventif batteur Yann Joussein, responsable des compositions, la basse parfois « Peter Hook » d’Olivia Scemama et les synthétiseurs de Luca Ventimiglia. La musique du trio se spécifie donc par des rythmes répétitifs, des sonorités spatiales, électroniques avec quelques particularités au fil des assez longues compositions. La plage titulaire défile comme une incantation trance hypnotique, de l’électro dance tribale située entre la rigueur de Kraftwerk, la folie d’une danse africaine et un envol lyrique à la Jean-Michel Jarre ! Les titres suivant s’entendent comme des trips répétitifs, planants, sombres, hallucinés. Pour ceux qui ont vu le décapant film « Sirat », c’est un peu dans ces atmosphères de raves perdues au milieu de nulle part que le groupe nous plonge. Avant de se faire tout autre au sein des trois dernières plages. Sur « L’échec est la voie du succès » une pop expérimentale chantée dans la première partie se voit perturbée par une batterie affolée et des sonorités bruitistes dans la seconde ! « Asakusa » possède une côté dépaysant produit par les roulements dans le jeu du batteur et l’apport de cymbales, ou autres percussions, évoquant le continent asiatique. Quant à « Demain est un autre jour » il se veut carrément déroutant. Une voix qui m’évoque Damo Suzuki (Can), des choses bruitistes et des délires en accompagnement. Ce titre, c’est celui du cri, de la harangue, de l’anarchie sonore, du vacarme, du décousu. Tribalism3, c’est donc de l’électronique, de l’expérimentation, de la transe avec, essaimées en brèves touches, des pointes de pop étrange. Un album différent, secouant, mais de là à faire tomber le singe de l’arbre, pas certain. A défaut de perche, ils m’ont bien tendu la branche pour une conclusion !

Claudy Jalet